
Chaque année, les stations-service luxembourgeoises écoulent des centaines de millions de litres de carburant dans nos réservoirs. Un phénomène en grande partie dû à l'imposition relativement faible de cet or noir raffiné par rapport aux pays voisins. Cette situation a créé d'importants écarts de prix avec les pays voisins, parfois jusqu'à trente centimes par litre, poussant les automobilistes des pays frontaliers et ceux de passage à faire le plein au Luxembourg. C'est ce qu'on appelle le "tourisme à la pompe".
Pour l'État, c'est à la fois une source de revenus importante (grâce aux taxes) et un problème environnemental puisque ces nombreuses ventes sont incluses aux mesures écologiques du pays. Ainsi, la faible consommation d'énergies renouvelables du Luxembourg (6,3% en 2017) s'explique en partie par les nombreux hectolitres vendus sur son territoire.
Dans sa récente publication "Regards" de septembre sur le changement climatique, le Statec a ainsi pu calculer la part du tourisme à la pompe dans le total des ventes de carburant. En 2016, il estime à 77,1% la part des ventes de carburant aux non-résidents. Soit près de huit litres sur dix.
Sur les 2.197.461 m3 vendus en 2016, cela équivaut à environ 1.694.242,431 m3. Ce serait assez pour remplir plus de 450 piscines olympiques.
Stabilisée à environ 80% des ventes en 2000 et 2014, le tourisme à la pompe a légèrement ralenti depuis 2015. D'après le Statec, c'est grâce à l'augmentation de la TVA sur les produits énergétiques. Le phénomène pourrait de nouveau reculer avec l'instauration de nouvelles taxes, comme celle d'un et deux centimes appliquée sur les ventes d'essence et de diesel depuis le mois de mai.