
2020, année "singulière"? Mais alors, que donnera 2021? C'est ce que la Fondation Idea tente d'imaginer dans sa dernière publication.
Solide en termes d'emploi et de finances publiques, le Luxembourg a pris des airs de licorneen continuant à créer des postes malgré la crise. Le télétravail et les aides du gouvernement ont notamment permis de sauvegarder une partie de l'activité.
S'il "figure résolument parmi les pays de l’UE les moins affectés par les retombées économiques de la crise", le Grand-Duché n'échappe pas à ses démons. La Fondation Idea évoque par exemple un appauvrissement de certains de ses résidents et des prix de l'immobilier qui gonflent encore et toujours. Sans compter une vaccination européenne qui "ne se déploie pas à une vitesse fulgurante", alimentant le doute pour les prochains mois.
Après avoir interrogé un panel de décideurs économiques, politiques, partenaires sociaux et économistes, le groupe de réflexion de la Chambre de Commerce a établi une série de prévisions pour l'année en cours.
Sur le plan sanitaire, Idea s'attend à ce que les principales restrictions ne soient levées "qu'au troisième trimestre de 2021" selon la moitié des personnes interrogées. La maîtrise de la pandémie n'est elle "probablement" pas attendue pour cette année.
Sur le plan économique, le risque de faillites d'entreprises va augmenter avec la fin des dispositifs d'aides du gouvernement. Mais le chômage pourrait rester "très proche du niveau actuel en 2021 et en 2022".
Les personnes interrogées par Idea craignent une multiplication des mouvements sociaux en Europe en 2021, synonyme d'instabilité (et à leur origine, d'inégalités fortes). Toujours selon les sondés, les prix à la consommation ne devraient pas augmenter sensiblement en 2021. Côté immobilier, la majorité des personnes interrogées s'attend à une hausse progressive des taux d'intérêts: jusqu'à 2,1% en 2026, contre 1,35% l'an passé.
Finalement, le Luxembourg devrait continuer à s'endetter mais à des niveaux tout à fait respectables en comparaison du reste de l'Europe. Une croissance limitée est attendue en 2021 et 2022 (+1,5 et +2,7% selon un scénario central).
Enfin, sur le plan environnemental, "une (courte) majorité estime que les objectifs de réduction des gaz à effet de serre à l’horizon 2030 ne sont pas atteignables ni dans l’UE, ni au Luxembourg". Mais cette part de sceptiques a beaucoup reculé par rapport à l'an passé. Preuve que même si tout n'est pas rose (ou vert), les choses peuvent s'améliorer.