Crise sanitaireSituation très problématique au centre de rétention du Findel

RTL Infos
La crise sanitaire a aussi un impact sur les procédures essentielles en matière d'immigration.

Ainsi plusieurs personnes en séjour irrégulier au Luxembourg, ont quitté le centre de rétention du Findel. Le Collectif réfugiés Luxembourg ( "Lëtzebuerger Flüchtlingsrot") et le ministère des Affaires étrangères l'ont confirmé. Ils affirment que le centre de rétention n'est pas un centre pénitentiaire et que personne ne peut donc y être retenu quand les délais légaux ont expiré. La situation est bien problématique.

La majorité de ceux qui sont hébergés au centre du Findel, sont en-dehors de toute procédure d'asile ou ont épuisé sans succès toutes les possibilités pour obtenir une autorisation de séjour au Luxembourg.

La crise sanitaire a entraîné la suspension des délais en matière juridictionnelle, à une exception près, explique Maître Frank Wies du Collectif réfugiés Luxembourg: "Pour ceux qui font l'objet d'une mesure de rétention administrative parce qu'ils doivent être transférés dans un autre pays, les procédures se poursuivent.''

Transfert impossible vers un autre pays de l'UE

Leur dossier est toujours actif, mais en réalité, il n'avance guère. Une partie de ceux qui devaient être transférés dans un autre Etat de l'Union européenne, ne sont plus au centre de rétention. Frank Wies confirme: "Mais c'est normal, car la rétention se justifie uniquement si vous avez une chance réaliste de pouvoir transférer une personne. Par exemple, l'Italie avait déjà signalé il y a trois ou quatre semaines qu'elle n'acceptait plus de transfert en raison de la crise sanitaire. Si vous savez que vous ne pouvez en aucune manière transférer une personne, il n'y a légalement aucune raison que vous la gardiez en rétention."

La règle est qu'une personne ne peut passer que quatre mois au centre de rétention. Le ministère de l'Immigration précise qu'une douzaine de cas, peut-être, ne pourraient plus être en rétention. Après tout, le centre de rétention n'est pas une prison et l'exécutif doit aussi respecter la législation. Il faut ajouter que le trafic ferroviaire et le trafic aérien sont très perturbés en ce moment. Si ces gens ne peuvent plus être retenus là et que la majorité d'entre eux ne veulent pas rester, leur situation est extrêmement problématique, selon Frank Wies: "Si vous êtes à nouveau contrôlés par la police et qu'elle constate que vous n'avez toujours pas d'autorisation de séjour, vous pouvez être ramenés en rétention. Il y en a qui font plusieurs passages en rétention."

Les migrants sans titre de séjour, qui commettent en plus un acte répréhensible, sont poursuivis pénalement, comme n'importe qui. Cela vaut aussi pour le non-respect des mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

Qu'est-ce qui arrive à ceux qui ont quitté le centre de rétention?

Leur choix pour trouver un toit est très limité. Frank Wies explique: "La seule chose qu'ils peuvent faire, c'est d'aller dans les foyers d'accueil pour sans-abri."

Mais là aussi, les contrôles sont fréquents. La Structure d'hébergement d'urgence au Kirchberg est une "version light" du centre de rétention. Les demandeurs d'asile qui n'ont aucune chance d'obtenir le statut de réfugié, peuvent y dormir. Ses responsables ont trouvé une solution pour les cas qui ne peuvent être transférés.

"Nous savons de ces gens qu'ils restent là de leur plein gré, même après que la mesure contre eux ait été suspendue, tout simplement, parce qu'il n'y a aucune autre alternative. Ils signent alors une décharge dans laquelle ils reconnaissent qu'ils restent là sur base volontaire", ajoute Frank Wies.

Le Collectif réfugiés Luxembourg conseille aux demandeurs d'asile d'accepter aussi cette offre, car leur situation est encore un peu plus compliquée en cette période de crise.

Back to Top
CIM LOGO