Robert UrbéRisque d'aggravation de la pauvreté et des inégalités

RTL Infos
La crise du coronavirus pourrait avoir de graves conséquences sociales, dont un accroissement de la pauvreté et des inégalités.

"En réponse à la pandémie de Covid-19, le Luxembourg a décidé un confinement, qui mènera très probablement à une récession économique et aura des conséquences sociales significatives," écrit Robert Urbé à la Commission européenne au nom du "European Social Policy Network", qui fournit à Bruxelles des informations sur les politiques sociales dans 35 Etats européens.

Au nombre des conséquences sociales, le représentant de Caritas compte un accroissement de la pauvreté et des inégalités.

Travailler à temps partiel maintient certes les salariés en activité et préserve, au moins partiellement, leur pouvoir d'achat, mais partiellement, car des dépenses comme les remboursements de prêts, restent inchangées, selon  Robert Urbé. L'école à la maison et la fermeture des écoles et des structures d'accueil mettent en danger le principe de l'égalité des chances. Les travailleurs sociaux signalent davantage de violences domestiques, d'alcoolisme et d'usage de stupéfiants. Les personnes appartenant à des groupes vulnérables sont confrontées à d'autres dangers, selon le directeur de Caritas.

C'est pourquoi le risque est grand que le Luxembourg sorte de la crise, non seulement avec plus de pauvres et de nouveaux pauvres, mais également avec une pauvreté plus profonde parmi ceux qui étaient déjà pauvres, ce qui signifie une aggravation des inégalités existantes.

Robert Urbé constate en outre que le confinement pourrait réduire la production du pays de 28 à 42% par mois. Pour remettre l'économie sur pieds après deux mois d'arrêt, le gouvernement devrait injecter entre 3,9 et 5,9% du produit intérieur brut. Selon des experts, l'économie va d'ailleurs cette année perdre 3 à 6% du PIB. Une reprise économique en V pourrait survenir à la fin de cette année ou au début de la prochaine. Par ailleurs, le risque d'un effondrement systémique du système financier ne serait pas à exclure et la crise pourrait entraîner des changements à long terme dans les préférences politiques et l'écroulement du modèle néolibéral de globalisation. Avec cet arrière-plan, les questions de finances publiques ne pourront être résolues aux dépens des plus vulnérables, comme cela avait été le cas après la crise économique et financière de 2008-2010, écrit le directeur de Caritas.

Back to Top
CIM LOGO