Combien de jours par semaine?Résidents, frontaliers... Voici votre rythme idéal de télétravail

Thomas Toussaint
En quête d'un meilleur équilibre, résidents et frontaliers nous livrent leur avis sur le télétravail et la meilleure façon d'en tirer profit, à la maison comme au bureau.

Pour la plupart, vous l'avez découvert en mars 2020. Alors qu'il ne s'agissait jusque-là que d'une possibilité jamais pleinement envisagée, le télétravail s'est imposé dans le quotidien de nombreuses personnes depuis plus d'un an.

S'il a permis de réduire les interactions sociales et l'épidémie de coronavirus au bureau, le télétravail a surtout été une grande expérimentation. Le gain de temps sur le transport, le calme (re)trouvé à la maison et le rapprochement qu'il a permis dans la vie privée sont ses meilleurs arguments pour durer. Mais le télétravail a aussi rencontré ses limites: outre la perte de liens avec leurs collègues, certains l'ont expérimenté avec des contraintes (garde d'enfants, espace de travail non-adapté, problèmes techniques ou difficulté à "déconnecter" une fois chez soi).

D'après nos 387 lecteurs interrogés, le rythme idéal de télétravail serait d'y consacrer deux ou trois jours par semaine. Une répartition hybride qui séduit respectivement 33% et 28,9% des lecteurs. À l'inverse, télétravailler un jour par semaine seulement attire moins de 12% des personnes interrogées. C'est encore moins pour quatre et cinq jours de télétravail hebdomadaire (moins de 10% à chaque fois). Une alternance de type "une semaine à la maison/une semaine au bureau" est elle carrément écartée: seulement 3% de nos lecteurs ont opté pour ce rythme. Quelques-uns évoquent leur désir de ne pas télétravailler du tout, mais ils sont sont peu nombreux.

La possibilité de télétravailler deux ou trois jours par semaine séduit la majorité des lecteurs.
La possibilité de télétravailler deux ou trois jours par semaine séduit la majorité des lecteurs.
© RTL

Si les deux ou trois jours de télétravail l'emportent, c'est que résidents et frontaliers ne souhaitent pas rentrer dans la logique du tout ou rien. Ils recherchent surtout "l'équilibre" entre vie privée et vie professionnelle. Angi, par exemple, y voit le moyen de "passer plus de temps avec les enfants". Fred évoque lui le "confort" de son domicile. Pour Ganon, installé au Luxembourg, choisir un rythme à trois jours par semaine permettrait de "conserver un lien avec les collègues" tout en permettant de réduire nos déplacements. "Il est agréable de se retrouver avec ses collègues dans les bureaux" surenchérit, DouOc, résident. Ces derniers ont des raisons de citer le manque de lien social: parmi plusieurs mesures de distanciation physique, la limitation du nombre d'invités à domicile en vigueur depuis l'automne 2020 a marqué les habitants du Grand-Duché.

LA ROUTINE DE NOTRE VIE D'AVANT N'EST PAS LOIN

Certains résidents semblent assez mal vivre l'éloignement dû au télétravail. Avec un seul jour de télétravail par semaine, Vincent voit la "nécessité de rencontrer les collègues régulièrement" et de "casser la monotonie du seul travail à la maison". C'est aussi l'avis de Nonna, qui tient à "rester connecté à la vie de l’entreprise". Évidemment, tous les résidents ne sont pas uniquement concentrés sur leurs relations de travail. Ils sont tout aussi nombreux à rappeler leur besoin d'"équilibre", avec un temps mieux partagé entre leur vie familiale et professionnelle.

Télétravailler permet d'"éviter le temps perdu dans les embouteillages et le stress généré"

Le problème des déplacements reste toutefois au centre des propositions en faveur de davantage de télétravail. C'est même l'argument premier avancé par Pierre, frontalier: "éviter les transports". Les heures passées sur la route et les problèmes de stationnement n'ont pas manqué à grand-monde. Et la fin des accords de télétravail pour les frontaliers va inévitablement ramener du monde à la routine de la vie d'avant. Celle des cinq allers-retours hebdomadaires jusqu'au Grand-Duché.

Soso, frontalière, estime que trois jours de télétravail par semaine permettrait d'"éviter le temps perdu dans les embouteillages et le stress généré". Jmp, lui aussi frontalier, a fait le calcul: avec 2h30 voire 3h de trajet par jour, pour 100 km d'aller-retour, trois jours de télétravail par semaine lui permettent de gagner "une journée de vie par semaine" mais aussi de parcourir entre 10.000 et 15.000 km de moins par an. C'est autant de carburant qui n'est pas consommé et de risque d'accident en moins. Mais le nerf de la guerre ne lui a pas échappé: une fois le télétravail illimité terminé, les accords déjà négociés avec les pays voisins ne lui permettront pas de bénéficier d'autant de jours à distance.

Finalement, quelques lecteurs aimeraient eux sortir de la logique du nombre de jours de télétravail et optent pour une approche plus personnalisée. Plutôt qu'obtenir un ou plusieurs jours fixes, Tristan souhaite par exemple établir le télétravail en fonction de ses projets professionnels du moment: "Certains nécessitent beaucoup de concentration alors que d'autres beaucoup de communication et coordination." Nico, un résident, aimerait lui en faire un moyen d'être plus flexible en télétravaillant surtout lorsque c'est nécessaire, comme pour "garder un enfant malade" ou pour recevoir "un ouvrier à la maison pour une réparation". Une habitude sensiblement plus aléatoire, donc difficile à mesurer pour les frontaliers, mais qui resterait souple.

Et vous, quel serait votre rythme idéal de télétravail? On continue d'en discuter dans notre espace commentaires !

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