
Un exemple récent est celui d'un cas en Basse-Saxe (Allemagne), où plus de 110 serpents ont été saisis dans l'appartement d'une femme. Ces animaux n'étaient pas gardés dans des conditions respectant leurs besoins et il y a aussi la problématique du syndrome de Noé (animal hoarding), qui consiste en l'accumulation pathologique d'animaux. Cette évolution s'expliquerait par le fait qu'une fausse image des animaux sauvages, du renard par exemple, est véhiculée dans les médias sociaux. Ils y sont souvent présentés comme des animaux domestiques. Ce qui incite des gens à vouloir se procurer un animal aussi mignon.
Hester Pommerening, de l'Association allemande de protection des animaux, peut comprendre l'engouement pour les petits renards, qui semblent si mignons, beaux, joueurs et intelligents. L'Association de protection des animaux s'oppose catégoriquement à ce que des animaux sauvages, qu'ils soient domestiques ou exotiques, soient gardés comme animaux de compagnie. Souvent, les vendeurs et les acheteurs ne sont pas conscients des exigences que cela représente de garder ces animaux dans des conditions respectant leurs besoins. Dans un appartement ou un jardin, on ne peut pas satisfaire les besoins de ces animaux, déjà rien qu'en ce qui concerne l'envie de liberté. Le contact avec l'homme est simplement synonyme de stress pour ces animaux. Et s'ils sont habitués à l'homme, sans contact avec leurs congénères, ils ne peuvent plus être relâchés.
En Allemagne, la situation est la suivante, explique Hester Pommerening: un renard vivant à l'état sauvage n'est pas autorisé à être ramené à la maison. Il n'est cependant pas interdit d'avoir un renard provenant d'un élevage. Malheureusement, il y a aussi des commerçants douteux en Europe de l'Est qui essaient de vendre de tels renards. L'association allemande de protection des animaux souhaite qu'une interdiction de garder de tels animaux soit bientôt introduite. Elle se réjouirait d'une liste positive telle que celle présentée à Bruxelles par quatre Etats dont le Luxembourg. Cette liste reprend les animaux autorisés à être détenus à domicile.
Une liste positive existe déjà dans le cadre de la loi sur la protection des animaux de 2018. Le Docteur Laurent Schley, biologiste et directeur adjoint de l'Administration de la Nature, précise que sans autorisation ministérielle, aucun animal sauvage ne peut être acquis. Les conditions à remplir pour obtenir théoriquement une telle autorisation temporaire, sont également fixées par la loi. Soit l'objectif est de nature pédagogique ou scientifique, soit il s'agit d'un spécialiste agréé, comme le Centre de soins pour la faune sauvage de Dudelange.
En vertu de la loi sur la chasse, il est interdit de nourrir les animaux sauvages tels que les renards et les ratons laveurs au Luxembourg. Cette loi ne s'applique pas seulement aux chasseurs, mais à l'ensemble de la population.
Si vous nourrissez régulièrement des animaux tels que les renards ou les ratons laveurs dans votre jardin, ils s'habituent à cela et ils s'habituent aux hommes, selon le Docteur Laurent Schley. Le problème c'est qu'ils deviennent de moins en moins timides et qu'ils peuvent devenir intrusifs et plus insolents s'ils ne reçoivent rien à manger. Ils tentent alors de pénétrer dans la maison ou ils peuvent mordre. L'Administration de la Nature reçoit régulièrement des appels de personnes qui ont des problèmes avec ces animaux. Mais ces problèmes sont le fait des humains et pas des animaux.