L'Australie en exempleQuelle est la position des représentants de la jeunesse luxembourgeoise par rapport à une éventuelle interdiction des réseaux sociaux pour les jeunes ?

Claude Zeimetz
traduit pour RTL Infos
Tout le monde est conscient des dangers des réseaux sociaux, mais une simple vérification de l’âge ne résoudra pas le problème.
Photo d’illustration

Le Conseil national de la Jeunesse et la Conférence nationale des élèves du Luxembourg (CNEL) n’ont pas encore de position officielle définitive à ce stade. Mais c’est évidemment un sujet sur lequel les jeunes se sont forgé une opinion, qu’ils expriment aussi publiquement de manière très nuancée. Ils espèrent que leur voix sera entendue dans tout ce débat.

La vérification de l’âge à elle seule ne résoudra pas les problèmes

L’organisation faîtière des associations de jeunesse luxembourgeoises, le Conseil national de la Jeunesse, se montre sceptique quant à une limite d’âge généralisée pour l’utilisation des réseaux sociaux comme mesure unique. Cela ne correspondrait pas à la complexité de la problématique et serait “disproportionné”, argumente le président du Conseil national de la Jeunesse, Liam Bremer. Après tout, les plateformes ont aussi leurs aspects positifs et offrent aux jeunes un espace pour échanger.

La CNEL demande une meilleure formation aux médias

La Conférence nationale des élèves du Luxembourg (CNEL) est moins réticente quant à une interdiction jusqu’à un certain âge. Il faudrait toutefois bien définir jusqu’à quel âge. Son président, Luca Roettgers, souligne surtout qu’il faudrait renforcer l’éducation et la formation aux médias. Les enfants et les adolescents doivent apprendre à utiliser correctement les réseaux sociaux et à reconnaître les fausses informations, afin d’être mieux préparés aux dangers en ligne.

Les représentants de la jeunesse sont conscients des dangers des réseaux sociaux

Les plateformes de réseaux sociaux telles que Facebook, Snapchat, YouTube et autres doivent-elles être interdites aux jeunes en dessous d’un certain âge ? Cette question est débattue par le monde politique et la société civile en Europe, notamment depuis que fin 2025, l’Australie est devenue le premier pays au monde à interdire les réseaux sociaux à toute personne de moins de 16 ans. Les dangers auxquels les enfants et adolescents sont exposés sur Internet sont largement documentés et évidents : potentiel addictif, désinformation, contenus manipulés, cyberharcèlement, pornographie, pour ne citer que ceux-là. Les représentants de la jeunesse au Luxembourg peuvent tout à fait comprendre, dans ce contexte, les réflexions visant à instaurer une limite d’âge. Eux aussi voient clairement des risques liés aux plateformes numriques pour la santé, le bien-être et la santé mentale des jeunes. Cependant, une simple limitation d’âge serait insuffisante, selon la Conférence nationale des élèves luxembourgeois et le Conseil national de la Jeunesse.

Réguler enfin plus strictement les plateformes

Les responsables politiques devraient mettre une bonne fois pour toutes la pression sur les plateformes afin qu’elles appliquent des mesures plus strictes et mettent en place une véritable vérification de l’âge, estime le président du CNEL. Elles doivent être “tenues responsables de ce qu’elles ont mis en ligne”, déclare Luca Roettgers. Selon lui, le Luxembourg pourrait tout à fait faire le premier pas en Europe dans ce domaine.

Selon Liam Bremer, le Digital Services Act de l’UE offre déjà un certain nombre d’outils pour réguler plus strictement les plateformes et, par exemple, interdire certains algorithmes problématiques. Il suffit de les appliquer de manière cohérente et différenciée, souligne le président du Conseil de la Jeunesse.

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