
Bref, un véhicule abandonné dans la nature ou croupissant au fond d'un garage n'est pas considéré comme "hors d'usage". Il le sera uniquement une fois qu'il sera pris en charge par la Febelauto, une filiale de la Febiac chargée d’organiser et de coordonner la gestion de ce type de véhicule.
Si un particulier a un véhicule hors d’usage, il le dépose donc chez un professionnel de l’automobile (concessionnaire, garage, etc.) et ce dernier va contacter le centre de traitement pour le collecter, tout en remettant au particulier une attestation prouvant la remise du véhicule. Le véhicule sera alors retiré du fichier du parc automobile et deviendra officiellement "hors-d’usage".

POURQUOI ON EN COMPTE SI PEU AU LUXEMBOURG?
En 2019, 2.827 véhicules hors d’usage issus du Luxembourg ont été pris en charge et traités par des centres de recyclage agréés. Si ce chiffre est en augmentation, il reste en-dessous de la moyenne européenne.
Ce qui n'est pas étonnant, explique Guido Savi: "Le marché automobile luxembourgeois est particulier car il est plus premium, donc les véhicules en circulation sont généralement récents et haut de gamme. Et le taux de remplacement est rapide: l’âge moyen des véhicules au Luxembourg est de 6 ans. A titre de comparaison, l’âge moyen en Europe est plutôt autour de 12 ans! Donc on a un parc très jeune."
Résultat, les véhicules anciens ont tendance à sortirdupays pour être vendus sur le marché secondaire, dans la Grande Région ou ailleurs. "Donc proportionnellement à d’autres pays, on a forcément moins de véhicules hors d’usage au Luxembourg."
POURQUOI SONT-ILS TRAITÉS À L'ÉTRANGER?
Les véhicules hors d'usage sont traités par des centres de recyclage agréés situé en Belgique, en France et en Allemagne. "Il y en a très peu au Luxembourg" précise-t-il. La raison est simple: "C’est simplement parce que le volume est insuffisant. 3.000 véhicules hors d’usage, c’est une quantité insuffisante pour assurer une rentabilité pour un centre de traitement au Luxembourg, donc les véhicules sont envoyés à l'étranger."
D'ailleurs, "on a conclu une convention environnementale avec le gouvernement luxembourgeois, et on prévoit qu’il y ait systématiquement un centre agrée à 40 kmmaximum des frontières luxembourgeoises".
Ces centres sont contrôlés régulièrement: "Il y a une traçabilité pour vérifier que le véhicule est traité, recyclé et valorisé correctement."

97,6% du poids total des épaves collectées au Luxembourg ont été réutilisés, recyclés ou valorisés énergétiquement. La réutilisation "concerne les pièces qui sont reconditionnées pour être réutilisées par les constructeurs ou les particuliers". Par exemple, les pièces détachés d'occasion. Le recyclage est "le traitement du matériau pour en faire un autre. On peut récupérer des polyesters, la tôle, des textiles, etc. pour en faire des produits recyclés dans d’autres véhicules."
Et le recyclage marche dans les deux sens, comme l'illustrent ces exemples cités par la Febiac:
Les véhicules électriques sont tout autant recyclables, affirme Guido Savi. "En particulier, la question des batteries est importante, car il y a une politique industrielle visant à produire des batteries en fonction de leurs capacités à être recyclées, par exemple le lithium qu’on essaie de recycler à 100 %."
L’autre stratégie pour les vieilles batteries, "c’est de leur offrir une deuxièmevie. Une batterie automobile est souvent puissante, donc même si elle ne fonctionne plus qu’à 50 % de ses capacités, elle peut avoir une seconde vie en dehors de l’automobile, par exemple pour stocker de l’énergie dans une maison, équiper de petits appareils…"