
Qu'il s'agisse d'une mammographie, d'une coloscopie, d'une gastroscopie ou d'un scanner, les patients doivent toujours attendre longtemps avant d'obtenir un rendez-vous.
Les causes de ces longs délais sont variées, selon les responsables médicaux, qui soulignent toutefois que les urgences sont toujours prioritaires.
Toutes les 15 à 20 minutes, les patients se succèdent à l'hôpital pour un examen par scanner, IRM ou mammographie. La demande pour de tels examens est forte et les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous restent longs malgré les efforts entrepris.
Le docteur Martine Goergen, directrice générale du Centre hospitalier de Luxembourg, fait le point sur la situation :"Pour les mammographies de dépistage, qui sont ordonnées par le ministère, nous en sommes actuellement à 20 jours. Et pour celles pour diagnostic, pour les patientes qui sont envoyées par un gynécologue, sur suspicion ou autre, nous avons fait différentes classifications, et nous en sommes actuellement à 30 jours."
Tous les hôpitaux du pays tentent d'augmenter leurs capacités, en recevant parfois des patients plus tard en soirée et le week-end pour ces examens médicaux. Mais il subsiste une nette marge d'amélioration. C'est aussi valable pour les délais d'attente pour une gastroscopie ou une coloscopie.
"Pas plus tard qu'hier (lundi, ndlt), le ministère a publié un communiqué, où le dépistage est déjà proposé à partir de 45 ans pour passer un examen du transit intestinal. C'est en soi une bonne chose, mais le problème se pose alors quand le résultat de l'examen est positif. Les patients ont besoin d'un rendez-vous [chez le spécialiste]" commente le docteur Alain Schmit, gastro-entérologue et président de l'AMMD, l'Association des médecins et médecins dentistes.
Le docteur Marc Berna, directeur général des Hôpitaux Robert Schuman, constate que la croissance de la population joue un rôle dans ces retards : "Cela tient, d’une part, à l'évolution de la médecine et, d’autre part, encore une fois, à l’explosion démographique. Et si nous analysons cela dans le détail, nous constatons que nous avons besoin de différentes choses pour répondre à la demande. Nous avons besoin de compétences, c'est-à-dire de personnes qui travaillent dans le système, nous avons besoin d'appareils et nous avons besoin d'infrastructures."
Beaucoup de choses ont déjà été entreprises pour répondre aux besoins de la population, selon Marc Berna, directeur général des HRS, qui considère le système de santé publique luxembourgeois globalement excellent. Le président de l'AMMD, Alain Schmit, est plus critique et il regrette d'être lié aux hôpitaux et à leur dotation en personnel. Il souhaite moins d'économie planifiée et plus de flexibilité, pour faire en sorte que les médecins puissent également proposer des examens privés.
Martine Goergen, directrice générale du CHL n'est pas du même avis: "Nous ne trouvons déjà pas de médecins, s'ils ne travaillent plus que dans le privé et n'assurent plus de continuité dans un hôpital, tout cela sera encore plus difficile à assurer."
Ce qui est aussi compliqué à assurer au Luxembourg, ce sont les rendez-vous pour des examens par PET.-Scan. Le Luxembourg compte un seul appareil permettant de réaliser ce type d'examens. Trop sollicité, il est tombé plusieurs fois en panne récemment. Un deuxième PET-Scan sera mis en service début 2025. En attendant, un appareil mobile pourrait être loué à partir du mois d'octobre.