
Comme dans une maison de retraite ou de soins, le personnel d'un établissement pénitentiaire est en contact étroit avec les résidents, en l'occurrence les détenus, et avec leur entourage à l'extérieur de la prison. Quel est le risque pour les détenus, le personnel et le fonctionnement de ces structures? Notre collègue de RTL, Monica Camposeo, a posé la question.
A ce jour, nous avons bien traversé la pandémie, mais un centre pénitentiaire ne peut pas simplement fermer ses portes en cas de pénurie de personnel, dit le président de l'Association des agents pénitentiaires, Samir Djennas:
"Nous trouvons un peu surprenante la manière dont la décision a été prise, parce que pour nous, il n'est pas logique de vacciner les gens en fonction de critères professionnels. Car il y a beaucoup de corps de métiers différents, qui travaillent au même endroit. C'est pourquoi nous ne comprenons pas que certains passent en priorité, parce que nous avons tous des contacts."
Le Service médical et psychiatrique du Centre pénitentiaire a déjà pu être vacciné, parce que ces personnes relèvent du secteur de la Santé. Mais le contact avec les détenus est le même, que l'on soit soignant ou gardien. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas comprendre cette décision.
"On crée une société à deux classes, alors que les deux exercent le même travail dans la même pièce. Le contact est le même, c'est pour cela que pour nous, c'est incompréhensible. Sur le plan éthique, nous trouvons presque répréhensible de faire là un tri. Il faudrait cesser de considérer les corps de métiers, mais simplement considérer où les gens travaillent“, demande Samir Djennas. Nous sommes aussi responsables de la protection des détenus, qui sont souvent vulnérables suite à leur vécu. Même s'ils pourront être vaccinés prioritairement début avril, tous sont loin d'être prêts à se faire vacciner. Les gardiens pourraient donner le bon exemple et le scepticisme serait alors moindre parmi les détenus.
En outre, les agents pénitentiaires travaillent avec de nouveaux détenus, qui à leur arrivée doivent aller en quarantaine. Ceux-là ne seront pas encore vaccinés. C'est aussi pour cette raison que l'Association réclame une vaccination prioritaire. Environ 400 personnes travaillent actuellement comme gardiens, 250 agents sont en contact étroit avec les détenus. Il faudrait également renforcer les effectifs. Pour cela aussi, il serait important que le personnel actuel soit vacciné.