
Nos musées abritent de magnifiques trésors archéologiques, mais de nombreux autres se trouvent encore cachés sous nos pieds. Avec l’aide des nouvelles technologies et le soutien de la population, l’INRA, l’Institut national de recherches archéologiques, souhaite précisément mieux identifier ces traces du passé.
Pour faire des découvertes archéologiques, il n’est aujourd’hui plus forcément nécessaire de se rendre sur le terrain. Les archéologues professionnels ne pouvant pas analyser chaque mètre carré du territoire, ils comptent sur le soutien de la population.
“Heritage Quest” est un projet de recherche international grâce auquel chacun peut rechercher des sites archéologiques depuis son ordinateur ou son smartphone. En principe, tout le monde peut participer.
Des connaissances préalables en archéologie ne sont pas nécessaires, explique Maxime Brami, professeur à l’Université Johannes Gutenberg de Mayence :
"Sur la plateforme elle-même, il y a des explications, il y a des images qui vous permettent en fait de comprendre ce qu’on cherche spécifiquement et vous allez voir, c’est très simple à utiliser. Le but du projet est en fait de découvrir de nouveaux sites et également protéger les sites qui sont déjà connus dans les régions boisées du Luxembourg."
Ceci est rendu possible grâce au LiDAR, une technologie qui, depuis un avion ou un drone, émet des impulsions laser vers le sol afin de mesurer des distances. Les signaux réfléchis produisent ensuite une carte 3D détaillée, composée d’une multitude de points, explique le professeur Brami :
"Ces images sont disponibles pour tout le territoire luxembourgeois sur le portail national. Et donc, sur ces images, il y a moyen en fait de voir une élévation très précise du terrain, y compris pour des zones qui sont fortement boisées, parce que les images LiDAR sont créées par des impulsions laser, qui passent à travers les feuilles des arbres et donc on peut découvrir des structures comme ça qui sont cachées, qui n'ont jamais été découvertes jusqu’à maintenant."
LiDAR est un acronyme formé des lettres initiales de l’expression anglaise “Light Detection and Ranging”.
Les chances de découvrir des traces archéologiques inconnues jusqu'ici, sont étonnamment élevées, explique Maxime Brami. Aux Pays-Bas, où le projet de recherche a été développé, la population a déjà identifié des milliers de nouveaux sites archéologiques via la même plateforme.
La présentation de ce projet la semaine dernière marquait également le début des Journées européennes de l’archéologie. Le week-end dernier, le public a eu la possibilité de découvrir la recherche archéologique et le patrimoine culturel luxembourgeois à travers 15 événements organisés dans tout le pays. Le ministre de la Culture, Eric Thill, avait rappelé à ce propos :
"Planifié par l’INRA, avec les musées, les ASBL, les communes, mais aussi et surtout grâce à de nombreux bénévoles engagés qui ouvrent des sites en différents endroits, organisent des visites guidées, proposent des ateliers, racontent l’histoire et montrent des objets qu’ils ont eux-mêmes découverts. Le tout afin de valoriser le travail de l’archéologie et, dans ce cadre, de renforcer également l’accès à la culture, où l’archéologie occupe ici une place centrale au Luxembourg."
Les Journées européennes de l’archéologie sont organisées chaque année simultanément dans de nombreux pays européens et visent à favoriser les échanges entre la recherche et le grand public. À l’échelle internationale, l’initiative était organisée cette année pour la 15ᵉ fois déjà et a réuni plus de 30 pays européens.
Pour le Luxembourg, il s’agissait seulement de la deuxième édition.
Le projet “Heritage Quest Luxembourg” devrait probablement s'étaler sur les trois prochaines années. Les personnes intéressées peuvent toutefois déjà commencer dès à présent à analyser les images via une plateforme en ligne.