Gusty GraasPour se défendre, le Luxembourg ne doit pas compter que sur ses voisins

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"Le Luxembourg ne doit pas jouer au parasite" ni compter sur le "parapluie des grands" pour être en sécurité", a déclaré mardi sur RTL le député libéral et président de la Commission parlementaire des Affaires étrangères, Gusty Graas.
© Chambre des députés / Flickr

Pour lui, c’est certain, une augmentation des dépenses de défense est inévitable.

Le gouvernement se mettra d’accord sur le montant de cette hausse dans les semaines à venir. Ce qui est moins sûr, c’est la manière dont cet effort supplémentaire en faveur de la défense devra être financé. Pour le moment, l’objectif est d’augmenter les dépenses de défense de 1,32%, leur niveau actuel, à 2% du Revenu national brut à l’horizon 2030. Ce taux pourrait toutefois être encore plus élevé et le délai plus court. C’est seulement lorsque l’objectif aura été fixé que l’on pourra discuter plus en détails de son financement, c’est-à-dire où trouver ces 600 millions d’euros, voire plus?

Pour le DP, le système social constitue une ligne rouge: c’est “un pilier de notre démocratie” auquel on ne peut pas toucher, selon Gusty Graas. Pour le reste, il faut faire une “radiographie” du budget et discuter “ouvertement” de toutes les autres pistes: qu’il s’agisse de faire de nouvelles dettes ou du report de l’un ou l’autre projet.

Des impôts? “Attendons”

A priori”, il faut discuter de toutes les pistes, mais le député DP émet de “plus fortes réserves” en ce qui concerne le financement des dépenses de défense par des impôts. Il a insisté sur la réforme fiscale prévue avec des “améliorations fiscales” et cela devra “être visible à ce moment-là dans ce paquet”. Quant à des augmentations d’impôts ponctuelles, elles doivent être “appréciées avec prudence”.

À propos des hausses d’impôts décidées après la crise bancaire de 2009, Gusty Graas a estimé que la situation d’alors ne peut être comparée avec la situation aujourd’hui.

Il a même exprimé l’espoir “que les Américains continueront à se montrer solidaires de l’OTAN dans ce contexte”. Il faut encore attendre à quel niveau sera fixé l’objectif et comment évoluera la situation géopolitique. “Attendons les semaines qui viennent, nous y verrons plus clair”.

Pourquoi ce réarmement d’ailleurs?

Gusty Graas a posé la question et y a répondu lui-même: “Ce n’est pas la faute des Européens, c’est clairement un homme qui se trouve à Moscou qui nous a poussés dans cette situation”. Il a évoqué des “pensées hégémoniques” de la part de Poutine.

Au contraire de l’ADR, le DP voit clairement une menace russe pour l’Union européenne aussi. Il ne faut pas “tomber dans une dépression collective”, car selon Gusty Graas, l’Europe a le “savoir-faire” et les capacités pour produire elle-même davantage et importer moins des Etats-Unis.

Le député libéral a aussi donné partiellement raison au député de la Gauche David Wagner, que si on en vient “malheureusement” à un réarmement supplémentaire, ce doit toujours être sous l’autorité des différents Etats. Les militaires sont les principaux interlocuteurs, il n’est toutefois pas possible qu’il advienne une “certaine dynamique propre”.

L’Ukraine ne doit pas devenir un “supermarché”

A propos de l’entretien téléphonique annoncé pour ce mardi entre Donald Trump et Vladimir Poutine, Gusty Graas a déclaré: “L’Ukraine ne doit pas devenir un supermarché où les deux veulent désormais se servir”.

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