
Des discussions parfois houleuses ont opposé la ministre de la Justice, Sam Tanson, et le député ADR Fernand Kartheiser jeudi soir lors de l'émission Kloertext sur RTL Télé, qui était consacrée au projet de loi 7674 sur le droit des enfants à connaître leurs origines.
L'ADR avait lancé la controverse il y a deux semaines en affirmant que les Verts voulaient supprimer les pères.
La ministre de la Justice a déclaré être relativement scandalisée que l'on tente de faire de la politique de manière populiste à propos d'un texte de loi fondamental et que l'on fasse en sorte de répandre la haine sur internet.
Sam Tanson a été elle-même visée sur les réseaux sociaux par des messages très graves, dans lesquels il était dit, par exemple, qu'elle devrait être battue jusqu'à ce qu'elle ne s'en relève plus.
"D'une part ces messages, et les pires que j'ai vus, ils ne figurent pas chez vous personnellement, mais sur la page Facebook de l'ADR. Alors il est très facile de dire: "Je n'ai rien à voir avec cela et cela, je n'en veux pas et je ne le tolère pas", car vous le tolérez. Vous ne vous contentez pas de le tolérer, vous le provoquez, quand vous partagez délibérément une photo de moi et que vous écrivez à côté: "Les Verts veulent supprimer le père", ce qui, dans ce contexte, est nul. Ce n'est pas vrai. C'est d'ailleurs absolument faux.
C'est comme de dire: "les Verts veulent supprimer l'été". C'est absurde. C'est complètement absurde et vous provoquez ainsi la haine."
Caroline Mart a demandé à plusieurs reprises à Fernand Kartheiser pourquoi il ne se distanciait pas de ces messages. Des messages qui peuvent aussi être rendus "invisibles" à tout moment. Voici une des réponses du député ADR.
"Je vous montrerai une fois ou à Madame Tanson ce que je reçois comme commentaires quand je critique Monsieur Asselborn, ce sont parfois des centaines de messages de haine."
Caroline Mart: "Mais cela n'a rien à voir avec ceci, n'est-ce pas?"
Fernand Kartheiser: "Si, c'est presque normal pour des politiciens."
Caroline Mart: "Est-il normal pour un politicien de recevoir des commentaires haineux? Avez-vous dit cela?"
Fernand Kartheiser: "Nous en recevons constamment."
Caroline Mart: "Est-cenormal?"
Fernand Kartheiser: "C'est une normalité statistique, ce n'est pas une normalité éthique."
Caroline Mart a ensuite une nouvelle fois demandé à Fernand Kartheiser s'il se distanciait des différents messages ou pas.
"Vous voyez, chacun est libre d'écrire ce qu'il veut et chacun a sa propre responsabilité légale pour ce qu'il écrit. Si quelqu'un vous insulte personnellement, vous pouvez aller devant un tribunal si vous le souhaitez et vous défendre. Je vous ai dit que je ne trouve pas correct et pas bien que les gens attaquent personnellement d'autres personnes. Si vous voulez l'entendre, c'est ma conviction."
La ministre de la Justice, Sam Tanson, a précisé qu'elle avait déposé plainte suite à ces messages.
Au-delà de la polémique entre ces deux invités, l'émission télévisée de jeudi soir a abordé des thèmes tels que la procréation assistée, l'adoption et la question de savoir ce dont un enfant a besoin pour "bien" grandir. Les autres invitées était le docteur Caroline Schilling, gynécologue et responsable du service PMA au Centre hospitalier, et Christine Stadelmann, psychologue à la Maison de l'adoption.
Revoir l'émission (en langue luxembourgeoise):