
Pour la représentante du parquet, il ne fait aucun doute que l'accusé est responsable de la mort de la jeune femme, même s'il n'a pas avoué et s'il n'y a pas de témoins oculaires.
Pour cet acte avec préméditation, minutieusement planifié sur une longue période, l‘accusé devait être condamné à la prison à perpétuité.
La représentante du Parquet a commencé son réquisitoire en déclarant que l’auteur des faits connaissait forcément la victime. Ana n’aurait pas été au mauvais moment au mauvais endroit. C’est plutôt l’auteur des faits qui savait où la victime habitait et qui connaissait ses habitudes. Les circonstances de l’agression de la jeune femme restent floues. Personne ne l’avait entendu crier. Son corps avait ensuite été placé dans sa voiture et emmené à un endroit, qui aurait été choisi, et là, le véhicule avait été brûlé. Ana devait disparaître. Personne, l’accusé excepté, n’avait de conflit avec la victime. Il y avait souvent des disputes au sein du couple, et même des agressions physiques, avec pour résultat qu’Ana avait peur de cet homme. Ce dernier aurait dit à plusieurs reprises qu’il allait tuer la jeune femme et il aurait annoncé la manière de procéder des mois auparavant. La famille du prévenu avait dit qu’Ana était impliquée dans un trafic de drogues, mais sans en fournir la preuve. La famille aurait fait cela pour orienter l’enquête dans une fausse direction, selon la substitut.
En ce qui concerne les preuves contre l’ex-compagnon, son alibi ne serait pas crédible, d’après la représentante du parquet, de sorte que sa famille s’est acharnée à lui en fournir un. Avant le drame, l’accusé aurait aussi parcouru exactement le même trajet que le meurtrier six heures plus tard. Et il n’avait pas pu donner une explication valable à cela. Quant au ruban adhésif avec les traces d’ADN retrouvé à proximité de la voiture brûlée, l’homme l’aurait manipulé lui-même au moment des faits, a poursuivi la substitut.
A la fin de l’audience, le prévenu a déclaré qu’il était innocent, qu’il le resterait toute sa vie et c‘est pour cela qu’il demandait sa libération.
Mercredi, les deux avocats de l’accusé avaient plaidé l’acquittement. Il n’y aurait aucune preuve à charge contre leur client et une trace d’ADN ne devrait pas être le seul élément pour justifier une peine de prison.
Maître Philippe Penning, l’un des deux avocats du prévenu, avait déclaré dans son plaidoyer qu’il s’agissait d’une affaire spéciale. Dès le départ l’accusé avait dit qu’il ne pouvait rien lui arriver parce qu’il était innocent, jusqu’à ce qu’il soit entendu et envoyé en prison. Les enquêteurs auraient été rapidement sur la piste de son client comme auteur des faits. En ce qui concerne son alibi, par exemple, il a été tourné et retourné jusqu’à arriver au résultat actuel, et aucun appel à témoins n’avait été lancé.
Le verdict est attendu le 12 janvier 2021.