
Cette baisse se traduit par un nombre moins élevé de malades et donc de patients en soins intensifs. En ce qui concerne les différents variants, le docteur Gérard Schockmel est d'avis qu'il ne faut pas paniquer: "en règle générale, les vaccins devraient rester efficaces. La situation dramatique en Inde n'est pas due à la mutation mais bien aux conditions qui sont très différentes des nôtres".
Le spécialiste en maladies infectieuses est en revanche moins catégorique en ce qui concerne la revaccination, car elle dépend de plusieurs facteurs. Comme le nombre d'anticorps baisse au fil du temps, un rappel pourrait être nécessaire après un an. En revanche, la présence prolongée des cellules immunitaires (appelées cellules ou lymphocites "T") ne nécessiterait qu'un rappel après dix ans. Une revaccination pourrait être envisagée en cas d'apparition d'un nouveau variant résistant à la protection.
Le docteur a également avancé deux bonnes nouvelles pour les personnes guéries du Covid: premièrement la guérison est la preuve d'un bon fonctionnement de l'organisme qui s'est bien remis de la maladie et deuxièmement, le corps possède désormais une certaine immunité. Selon lui, il serait quand même important de se faire vacciner afin de bénéficier d'une immunité encore plus forte, une protection qui pourrait être supérieure à celle d'une personne qui n'a pas contracté le Covid. Une dose de vaccin devrait suffire, mais l'UE doit encore spécifier cet aspect dans le certificat Covid.
En ce qui concerne les enfants, le docteur demande à ce que le vaccin soit véritablement sans danger pour les plus jeunes, qui sont moins vulnérables face au Covid par rapport à d'autres maladies comme la diphtérie. Alors que le tétanos est généralement fatal chez les petits, ce n'est pas le cas du Covid. "Malgré certains exceptions, les enfants sont plutôt résistants, il faut maintenant s'assurer que le vaccin ne représente aucun danger pour eux", insiste le spécialiste en maladies infectieuses.
Enfin, le docteur Schockmel explique que les connaissances sur le traitement du Covid sont bien plus importantes qu'il y a un an. Dans les cas les plus graves, si un patient a besoin d'oxygène, l'utilisation d'un dérivé de la cortisone peut influencer favorablement l'état de santé d'un malade. Un cocktail d'anticorps peut également être infusé à un patient, soit par injection ou par voie intraveineuse: "c'était le cas de Donald Trump qui a reçu deux anticorps, un cocktail produit par la société Regeneron, qui travaille avec le laboratoire Roche en Europe". Le docteur Schockmel explique que ce cocktail est proche d'obtenir une autorisation chez nous. Une solution intéressante pour le début de la prise en charge, juste après un dépistage positif, mais probablement réservé aux personnes très vulnérables, vu son prix. Une autre piste intéressante pourrait être une sorte de pilule, un peu comme pour les patients séropositifs, qui pourrait freiner ou bloquer la réplication du virus.