
Le procès intenté par le bureau d'architectes Valentiny HVP Architects à l'encontre du collège des bourgmestre et échevins de Schengen pour diffamation et à l'encontre d'un fonctionnaire du service technique pour prise illégale d'intérêts, a débuté lundi.
Deux des témoins principaux, François Valentiny et sa fille, ainsi que les membres du collège échevinal et le fonctionnaire communal poursuivis dans cette affaire, ont été entendus mercredi.
Le dossier porte sur un projet de campus scolaire à Schengen. Le bureau Valentiny HVP Architects avait été chargé d'en élaborer le plan d'aménagement particulier (PAP) et de construire une salle de sport. Ces deux contrats ont été résiliés lors d'une séance du conseil communal début mai 2023. La couverture médiatique de l’affaire a été considérable.
Le bureau Valentiny HVP Architects, qui compte cinq associés, a subi un grave préjudice à la suite de cette affaire, a déclaré Anna Valentiny, qui a travaillé au projet de campus scolaire. A présent, le grand public croit que le bureau d'architectes ne répond pas aux souhaits des clients. "C'est une condamnation à mort pour un architecte", a souligné Anna Valentiny devant les juges. Même à l'étranger, il est question de l'affaire. Mais il ne s'agit pas ici, comme certains le pensent, de l'ego de l'architecte François Valentiny. Ce dernier a seulement collaboré en marge du projet. C'est le bureau tout entier qui a été diffamé dans toute la presse. "Ce n'est pas Valentiny, qui porte plainte ici. Nous portons plainte contre la perte de notre image", a insisté l'architecte de 32 ans.
Par le passé, le dialogue avec l'administration communale avait toujours été bon. Le bureau a beaucoup travaillé sur ce projet parce qu'il était très important pour lui. Il y a eu régulièrement des réunions. Comme pour toute planification, il y a eu des moments où nous avons dû nous réunir autour d'une table, mais rien qui n'ait remis en question la base de confiance. Le collège des bourgmestre et échevins ne participait pas à ces réunions, a expliqué Anna Salentiny, mais bien le fonctionnaire du service technique, par qui elle se sentait traitée avec condescendance. Tout ce que proposait le bureau était remis en question.
Ensuite, son père, François Valentiny, a décrit ce fonctionnaire comme une personne fonctionnant comme un tamis. Il a indiqué que ce qui était dit en réunion, était différent de ce qui parvenait au collège échevinal. Pendant 40 ans, le bureau Valentiny HVP Architects a vécu une bonne collaboration avec la commune de Schengen. Jusqu'à ce moment-là. "Nous avons un préjudice assez important. Egalement un préjudice humain", a dit l'architecte pour résumer sa déception.
François Valentiny était seulement impliqué indirectement dans le projet de campus scolaire. Il avait cependant aussi constaté que tout ce qu'il présentait dans ce cadre, était catégoriquement démonté. Et cela, depuis l'arrivée de ce fonctionnaire du service technique. Il était impossible de clarifier les choses: "Nous avons bâti dans la Pampa au Brésil, je m'y suis rendu trois fois et ensuite les choses étaient clarifiées", a expliqué l'architecte pour illustrer sa volonté de résoudre les problèmes.
Les élus de la commune n'étaient pas conscients de l'ampleur de ce qu'ils avaient fait avec la résiliation des contrats au conseil communal, pense François Valentiny.
Le bourgmestre de Schengen, Michel Gloden, poursuivi dans cette affaire, a affirmé qu'il s'était rendu compte, avant la résiliation des contrats, que la collaboration entre le bureau d'architectes et la commune ne fonctionnait pas comme elle aurait dû. Tout avait progressivement basculé. A un moment donné, il était devenu très pénible de retrouver ses souhaits en tant que maître d'ouvrage dans le projet. Beaucoup de choses étaient "laborieuses" et remises en question. A un moment donné, nous avons simplement senti que nous n'avancions plus.
Il reste cependant convaincu que tout cela ne doit pas se dérouler sur la place publique."Il ne s'agit pas de faire porter le chapeau à d'autres", selon le bourgmestre. C'est pourquoi il avait également été convenu au sein du collège échevinal de ne pas mentionner le bureau d'architectes à l'ordre du jour de la séance du conseil. Et c'est aussi pourquoi ils n'avaient pas répondu aux questions concrètes des membres du conseil lors de la séance. Le bourgmestre avait également été étonné de la présence massive de la presse ce jour-là. Qui avait appelé la presse? C'est une question à laquelle on ne peut plus attendre de réponse dans ce procès.
"Il s'agit de mon honneur. Nous avons pris cette décision dans l'intérêt de l'affaire et à aucun moment il ne s'est agi de faire du mal à qui que ce soit", selon le bourgmestre. Ses deux échevins, Tom Weber et Jean-Paul Muller, sont également poursuivis, mais ils n'ont pas ajouté grand chose à l'audience. Notamment parce que Jean-Paul Muller se trouvait à l'étranger le jour de la séance du conseil communal, où les contrats ont été résiliés.
Le fonctionnaire du service technique poursuivi pour prise illégale d'intérêts, a ensuite rejeté toutes les accusations à son encontre. "Ce procès doit conduire à que soient citées les raisons pour lesquelles j'aurais commis une prise illégale d'intérêts", a dit le fonctionnaire communal. Il a seulement accompli la tâche qui lui incombait en tant que responsable communal du projet. Et c'était ce qui lui était demandé. Le fait qu'un autre bureau d'architectes ait été chargé de la construction de l'école aurait été uniquement dû au fait que celui-ci avait de l'expérience dans la construction d'écoles.