
Yves Nosbusch était l'invité de la rédaction de RTL mardi matin et il a expliqué que la majeure partie de l'inflation serait due à la hausse des prix de l'énergie et des aliments, en particulier celui du pétrole, et une autre partie serait due aux pénuries d'approvisionnement. Selon lui, nous ne serions pas dans une spirale inflationniste.
D'après Yves Nosbusch, l'inflation devrait grimper jusqu'à 6,5%, dans la zone euro car toutes les hausses de prix n'ont pas encore été "filtrées". Mais elle tomberait ensuite à 3% en 2023 pour des "raisons mécaniques". Car pour que l'inflation reste aussi élevée qu'elle l'est actuellement, il faudrait, selon son analyse, avoir de nouvelles hausses de prix au niveau du pétrole ou des salaires. Rien ne laisserait supposer cela pour le moment. Les salaires n'augmenteraient actuellement que de 1,5 à 2% dans la zone euro.
Pour Yves Nosbuch, la mesure de réduire de 7,5 centimes les taxes sur les carburants, qui pourrait être définitivement décidée jeudi, serait une bonne mesure parce qu'elle limiterait la hausse des prix des carburants. A la remarque qu'une demande plus forte cause plus d'inflation si l'offre n'est pas suffisante, l'économiste a répondu: "certainement, mais actuellement l'inflation est causée par des composantes très spécifiques et la demande est en train de diminuer." Il faudrait prendre garde à ce que la demande ne recule pas trop. Pour la même raison, une politique d'austérité ne serait pas une bonne idée à l'heure actuelle, d'après lui.
La modulation de l'index à une tranche maximum en 12 mois réduira certes le pouvoir d'achat, mais ce qui serait bien, selon Yves Nosbusch, ce serait que les hausses de salaire soient un peu "étalées" et qu'on voudrait éviter de rentrer dans une spirale.
Le chef économiste de BGL BNP Paribas ne pense pas grand chose d'un impôt sur les grandes fortunes ou les revenus élevés tel que le recommande le Fonds monétaire international à la Grande-Bretagne, car d'après lui, il faudrait plutôt maintenant "globalement parlant" réfléchir à des réductions d'impôts. L'expérience aurait aussi montré que des hausses d'impôts sur les gros revenus ne rapporteraient pas beaucoup de recettes.
Si nous ne sommes pas dans une spirale inflationniste, Yves Nosbusch compte cependant qu'après la Banque centrale américaine, la Banque centrale européenne commencera à augmenter les taux fin 2022. Plus lentement que la FED toutefois. A propos des "entreprises zombies", qui ont été artificiellement maintenues en vie par cette politique monétaire laxiste et qui risquent de faire faillite après des hausses de taux, Yves Nosbusch a déclaré que la BCE mènerait ses hausses de manière prudente et progressive.
Pour ceux qui ont un prêt, cette inflation inattendue serait plutôt une bonne chose, selon l'économiste. Les salaires augmenteraient en effet progressivement, alors que le crédit qu'ils ont souscrit, reste au même montant. En revanche, ce serait mauvais pour ceux qui ont un peu d'argent sur un compte-épargne.