
Si le président de l'AMMD, convient qu'il n'a pas épargné ses critiques face à la ministre de la Santé précédente, Paulette Lenert, et ses prédécesseurs, il souligne que ces critiques remontent à plus loin. Il s'agit de "15 ans sans solutions concrètes à des problèmes substantiels qui se sont accumulés" dans le système de santé.
Il est sans arrêt question des examens IRM, mais il s'agit seulement d'une petite partie du tableau d'ensemble. Dans les services d'urgence et pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste, la situation ne cesse de s'aggraver. Nous avons besoin de "nouvelles initiatives et de nouveaux concepts et de ne plus tout concentrer dans les hôpitaux". Par exemple, "un concept global serait nécessaire dans la numérisation", selon le docteur Alain Schmit, "et non des pièces individuelles d'un puzzle" comme le PID, le paiement immédiat direct, où le patient ne doit payer que sa part de la facture. A cette date, seuls quelques généralistes ont installé le système. En décembre dernier, ils étaient 15 sur 523. A cette fin, l'AMMD avait développé un logiciel, sur base d'un accord politique. On le laisse maintenant tourner à vide, ce que ne peut pas comprendre le président de l'AMMD. Des négociations sont en cours avec la nouvelle ministre de la Santé, Martine Deprez, à propos de la numérisation.
Pour Alain Schmit, l'objectif doit être de "donner aux patients le meilleur accès à une prise en charge médicale". Il est "déjà compliqué aujourd'hui pour beaucoup de généralistes d'obtenir un rendez-vous pour leurs patients chez un spécialiste. Ce serait mieux si l'offre était plus large dans l'extra-hospitalier." Qu'il y ait un manque d'enthousiasme parmi les médecins après l'affaire Potaschberg n'est pas surprenant après ce "mariage forcé" avec le public, critique le président de l'AMMD. Cela ne doit pas être interprété comme un signe que les médecins ne veulent pas travailler de manière plus libérale, ajoute-t-il.
Le docteur Alain Schmit s'est dit "choqué" par le cas de ce dentiste français, qui vient d'écoper d'une interdiction d'exercer au Luxembourg, alors qu'il a mal traité des patients pendant 10 ans, tout en gagnant beaucoup d'argent. "Dès 2016", le ministère était au courant que le médecin avait fait de fausses déclarations et qu'"il y avait un énorme problème", selon le président de l'AMMD. "À l'époque, les responsables politiques auraient dû intervenir", mais cela ne s'est pas produit.