
Paulette Lenert est revenue sur son malaise en expliquant qu'il s'agissait "d'un cri à l'aide de son corps qu'elle a pris au sérieux" et qu'une pause était vitale: "gérer une pandémie implique des responsabilités et des conséquences, mais j'ai réellement pu compter sur le soutien du gouvernement ces derniers temps".
La ministre a également avoué qu'elle s'attendait au succès rencontré par la plateforme d'inscription pour les personnes volontaires à la vaccination avec le produit Oxford-AstraZeneca: "il y a des personnes plutôt sceptiques par rapport à la vaccination en général, elles le sont encore plus dans le contexte de la pandémie mais l'on rencontre également de nombreux citoyens qui veulent se faire vacciner et grâce à cette solution, ils y auront accès plus tôt que prévu". Vendredi, les autorités sanitaires avaient recensé 25.000 personnes entre 30 et 54 ans sur la liste d'attente pour le vaccin AstraZeneca.
"Il faut maintenant espérer que le nombre de doses sera suffisant et que le laboratoire tiendra ses promesses en matière de livraisons", a ajouté la ministre qui précise que le vaccin Johnson&Johnson pourrait également suivre le même chemin mais que cette option est encore à l'étude. Elle a également confirmé que les effets secondaires observés jusqu'à présent restaient des cas très rares. Les personnes inscrites sur la liste d'attente AstraZeneca ne perdront leurs droits à aucun moment car ce vaccin a été approuvé par l'EMA pour toutes les catégories d'âge.
La ministre est consciente des soucis des citoyens et elle confirme que c'est aux autorités d'éclairer les gens de manière transparente, mais personne ne peut établir de hiérarchie entre les vaccins. En ce qui concerne les décès enregistrés après une vaccination, Paulette Lenert explique qu'aucun lien n'a été confirmé entre la cause du décès et le vaccin. Ces cas ont été signalés afin de pouvoir analyser le lien de cause à effet en toute transparence, ce qui peut parfois prendre du temps afin d'avoir tous les détails en main.
Selon Paulette Lenert, les membres du personnel de santé sont fatigués mais ils ne manquent pas de motivation. Les conditions de travail au Luxembourg étant meilleures qu'à l'étranger, aucune vague de démissions n'aurait été enregistrée récemment, comme cela a pu être le cas dans d'autres pays.
La situation autour des maisons de repos et de soins est très sensible, selon la ministre de la Santé qui explique qu'au début de la pandémie, les règles strictes ont été fortement critiquées mais que toute la lumière sera faite sur les causes de ces clusters, qui seront tous analysés. Les députés ont proposé le nom de Jeannot Waringo pour s'occuper du groupe de travail en charge du dossier. Toutes les informations seront rassemblées pendant les deux prochaines semaines, suivra alors une période de deux mois pour l'analyse des faits.
En ce qui concerne la vaccination du personnel soignant, la ministre préconise la sensibilisation des personnes concernées. Une obligation est en cours de discussion dans les plus hautes instances mais Paulette Lenert s'était déjà positionnée personnellement contre ce genre de pratique.
Les nouvelles mesures Covid sont d'actualité jusqu'à la mi-mai, la ministre s'est réjouie de l'acceptation des règles par la population malgré une fatigue due à la durée de la pandémie. De nouvelles ouvertures devraient être annoncées dans plusieurs semaines notamment grâce aux tests rapides, et sans faire de grande annonce pour les mois qui arrivent, la ministre s'est montrée "optimiste" pour la période estivale.