La flambée des prix à la Chambre"Madame Lenert, vous n'avez absolument rien dit"

RTL Infos
Certains partis auraient déjà voulu entendre des propositions pour amoindrir la charge que représente l'explosion des prix des énergies. D'autres préfèrent attendre la tripartite annoncée par Xavier Bettel jeudi.

À propos de la hausse fulgurante des prix de l'énergie, tous les députés étaient d'accord pour dire jeudi que la situation est dramatique. En revanche les avis divergent sur le moment où viendront des mesures concrètes. Et le ton est parfois monté jeudi après-midi lors de la séance plénière à la Chambre des députés.

"L'instrument de la tripartite (annoncée par Xavier Bettel) est précisément ce dont nous avons besoin maintenant", a affirmé la Vice-Première ministre, Paulette Lenert, à la tribune, où il était question de l'envol des prix de l'énergie et de ses conséquences.

"La crise que nous traversons, touche les entreprises et les citoyens. C'est une crise où tous les acteurs ont intérêt à trouver ensemble des solutions rapides et efficaces. Le modèle de réussite luxembourgeois sous forme de dialogue social, est né en pleine crise. Et ensemble avec les partenaires sociaux, la classe politique a toujours réussi à assurer la prospérité du pays et à garantir la paix sociale. C'est encore notre objectif cette fois." C'est aussi pourquoi aucune mesure n'a été annoncée, a souligné Paulette Lenert.

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Si la majorité était derrière la Vice-Première ministre, l'opposition attendait des annonces, comme l'a dit le député CSV Michel Wolter. "Madame Lenert. Sauf votre respect, vous n'avez absolument rien dit. Aucun politicien d'opposition n'a pu réagir, car pas une seule proposition concrète n'est venue ni du gouvernement ni de la majorité."

Son collègue de parti, Gilles Roth, a émis une série de revendications

: "Un coup de frein limité dans le tempsaux prix des carburants, du fuel de chauffage et aussi du gaz. Dans ce riche Luxembourg, conduire et être chez soi ne sont pas un luxe, mais une nécessité. Deuxièmement: chaque euro de plus engrangé par l'Etat sur les taxes et la TVA grâce aux hausses des prix de l'énergie depuis le 1er janvier 2022, doit, pour nous, être directement et intégralement remboursé aux citoyens. Il n'est pas possible que l'Etat s'enrichisse lui-même là-dessus."  

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Le député vert François Benoy a fait valoir qu'on ne pourrait pas réagir trop vite. "Mais nous devons investir de l'argent là où c'est nécessaire, des mesures socialement justes. Des mesures qui seront conformes à notre politique de protection du climat et renforceront notre indépendance à l'avenir."

Le gouvernement n'aurait pas reconnu l'urgence, a déclaré le député ADR Fred Keup. Et selon lui, le vert serait devenu cher. Un propos qui a suscité une discussion plus animée avec la députée de déi Gréng, Stephanie Empain.

Les élus des Piraten et de déi Lénk ont eux aussi souligné le fait que les gens doivent maintenant être aidés très rapidement et qu'ils ne pourront pas attendre trop longtemps.

L'ACL VEUT REDISTRIBUER CE QUE L'ÉTAT ENGRANGE

Alors que, mécaniquement, l'État devrait percevoir davantage de recettes sur les carburants, l'ACL demande que "ces revenus supplémentaires soient neutralisés et redistribués aux personnes les plus dépendantes de leur véhicule", en particulier les ménages défavorisés, mais aussi les entreprises les plus touchées par la flambée des prix. En particulier les artisans et les petites et moyennes entreprises.

Pour atténuer l'explosion des prix à la pompe, l'ACL demande au gouvernement "de considérer attentivement une revalorisation des frais de déplacement forfaitaires pour ceux qui vivent le plus loin de leur lieu de travail".

L'abattement maximum est aujourd’hui de 2574 €/an, soit 214,50 €/mois. Vue la situation actuelle, l'ACL considère qu’il serait "opportun de rétablir les frais de déplacement forfaitaires à 2970 €/an (soit 247,50 €/mois) comme c’était le cas jusqu’en 2012".

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