
L'absence d'alternatives pour de très nombreux services numériques fait qu'en cas de panne technique ou de cyberattaque, de graves conséquences sont à craindre. En raison de leur dépendance à ces services, les citoyennes et les citoyens sont exposés à ce manque. L'open source constitue une solution possible. Ces logiciels sont plus transparents, puisque leur code source est accessible au public. La plupart des députés se sont accordés sur ce point au cours du débat.
"Nous préserverons notre souveraineté des données en conservant le contrôle", a déclaré la ministre de la Digitalisation, Stéphanie Obertin, dans son intervention devant les députés. Le principe du "Once only" constitue à cet égard une étape centrale. Ce principe prévoit qu'une personne ne doive transmettre ses documents qu'une seule fois à l'État, au lieu d'envoyer les mêmes fichiers à différents ministères, par exemple. La ministre a également souligné que des solutions open source étaient déjà utilisées dans de nombreux domaines par les services de l'État, notamment avec des services de communication comme LuxChat4Gov ou encore le réseau Peppol, destiné à l'envoi de factures à l'État. Selon Stéphanie Obertin, LuxChat4Gov compte 65.000 comptes, dont 8.000 au sein des communes.
Le député pirate Sven Clement a demandé pourquoi le service de messagerie du gouvernement n'était pas également utilisé par les enseignants. Selon les informations qui lui ont été rapportées, sur Teams, chaque enseignant ou élève pourrait voir les noms ainsi que les classes des autres élèves et enseignants. Or, Teams appartient à Microsoft, une entreprise américaine. À la question du député Sven Clement, la ministre de la Digitalisation n'a pas répondu directement. Elle a indiqué que l'État pouvait simplement mettre les différentes solutions à disposition, mais qu'il souhaitait laisser aux utilisateurs le choix de l'outil qu'ils préfèrent utiliser. La ministre a ajouté que ces questions étaient abordées en classe, notamment à travers l'apprentissage du codage et de la cybersécurité, de sorte que les élèves peuvent découvrir les alternatives existantes.
Plus généralement, la ministre de la Digitalisation, Stéphanie Obertin, a estimé que la sécurité, l'indépendance et la confiance doivent pouvoir être garanties sur le long terme dans le cadre de la souveraineté numérique du pays. De son côté, le ministre de l'Économie, Lex Delles, a rappelé les mesures de soutien mises en place pour aider les entreprises, tant à renforcer leur cybersécurité qu'à préserver au maximum leur indépendance. Le gouvernement est conscient que la souveraineté numérique constitue un défi permanent.