
Le jeune juriste de formation n'a pas obtenu le poste et il est toujours au chômage aujourd'hui.
Dans un courrier au Bâtonnier, Maître Gaston Vogel écrit qu'il semble qu'il existe pour chaque citoyen au Luxembourg, à côté du casier judiciaire "normal", un autre casier, officieux celui-là, appelé fichier, où sont rassemblés des renseignements consignés par les policiers et auquel ces derniers ont accès.
Choqué, l'avocat se réfère dans sa lettre au cas d'un jeune homme, qui avait postulé pour un emploi auprès du Parquet et qui lors de l'entretien professionnel qui suivit, fût confronté à des données à caractère personnel formulées de la manière suivante par ses interlocuteurs, comme l'écrit Maître Vogel: "Il ressort de nos fichiers que Mr. X. a été interrogé par la police dans le cadre de deux affaires ayant trait aux faits allégués suivants :
- coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité de travail;
- outrage à agent."
Ces faits figurent ainsi dans le fichier central de la Police alors que la personne concernée n'a jamais fait l'objet d'aucune condamnation et qu'elle peut même présenter un casier judiciaire vierge. Pour Maître Vogel, c'est un scandale, une atteinte aux droits fondamentaux, qui peut toucher n'importe quel citoyen.
Est-il exact que des services nationaux notent des informations sur les citoyens dans des fichiers secrets, qui rappellent un casier judiciaire? Y a-t-il de telles banques de données secrètes sur lesquelles les citoyens normaux ne sont pas informés?
Ces questions du député CSV Laurent Mosar lui ont valu la semaine dernière une réponse de trois pages de la part du gouvernement, une réponse qui au final suscite encore davantage d’interrogations. Les députés CSV sont si révoltés qu‘ils ont adressé dès mardi une nouvelle question urgente sur le sujet.
Laurent Mosar du CSV et Roy Reding de l’ADR ont notamment déclaré sur RTL qu’il était ici question de l’Etat de droit. Il n’y a aucune transparence et cela doit changer car ça ne correspond plus à l’époque.