
C'est choquant et scandaleux. Voilà les propos du président de l'OGBL, André Roeltgen, à l'intention du patronat et particulièrement de l'UEL.
Nicolas Buck, le président de l'Union des Entreprises luxembourgeoises, aurait tourné le dos à la tripartite et donc au modèle social luxembourgeois.
André Roeltgen explique ce qui s'est précisément passé: „Mercredi dernier, nous avions une réunion au Comité permanent du travail et de l'emploi, la première d'ailleurs depuis les élections législatives. Dans ce contexte, nous avons un programme gouvernemental très large, sur lequel nous devons nous pencher. Et nous avons été choqués, je le dis au nom des trois syndicats, qu'un représentant du patronat nous dise "nous ne voulons plus de discussions tripartites", "nous ne voulons plus de négociations sociales", "nous ne voulons plus de dialogue social au Luxembourg à ce niveau, au sein du Comité permanent du travail et de l'emploi“. Nous en avons discuté aujourd'hui au conseil national. Nous trouvons qu'il ne s'agit pas seulement d'un coup d'éclat, nous trouvons cela tragique pour le Luxembourg.“
Ce serait un tournant, c'est pourquoi le président du syndicat appelle le patronat à bien réfléchir. En tant que petit pays, la force du Luxembourg, tout au long de ces années, a toujours été qu'on a tenté de trouver à l'intérieur de la société, un consensus et que l'on a immédiatement adapté les lois aux évolutions dans tous les secteurs. C'était possible à travers la tripartite. Maintenant, c'est remis en cause, selon André Roeltgen. L'OGBL, le LCGB et la CGFP vont se retrouver le plus rapidement possible, notamment pour discuter de démarches syndicales.
Les entretiens bilatéraux seraient simplement plus efficaces, a expliqué le président de l'UEL, Nicolas Buck, au micro de RTL. Le gouvernement et la Chambre font les lois. Les partenaires sociaux devraient seulement mentionner leurs idées dans des discussions bilatérales. Au final, ce sont les politiques qui doivent décider.
Nous avons aussi régulièrement des entretiens bilatéraux, a réagi le ministre du Travail, Dan Kersch, mais le Comité permanent du travail et de l'emploi est l'organe officiel au sein duquel les partenaires sociaux et le gouvernement doivent discuter ensemble. A trois. C'est le modèle luxembourgeois qui a fait ses preuves. Que l'on pourrait évidemment moderniser. Le ministre Kersch espère que le patronat va continuer à participer à la tripartite.
Une entrevue à ce sujet est prévue avec l'UEL dans les prochaines semaines. Le ministre d'Etat, Xavier Bettel, y participera.