
Les terrasses des restaurants au Luxembourg devraient bel et bien rouvrir dès le 7 avril, d'autant plus que la nouvelle loi covid, qui sera votée jeudi, en fait mention. Une bonne nouvelle pour le secteur de l'Horeca, qui a tiré le rideau depuis la fin novembre. Mais tous les restaurateurs ne sont pas logés à la même enseigne, comme le souligne la Commission consultative des Droits de l'Homme au Luxembourg (CCDH).
Si celle-ci salue d'une manière générale la levée des restrictions, elle émet néanmoins des réserves quant à la pertinence d'ouvrir les terrasses au Luxembourg. "La portée de cette mesure risque fort de n’avoir qu’une valeur symbolique" juge-t-elle, puisque tous les restaurateurs ne pourront pas en bénéficier.
"En effet, seuls les établissements qui disposent d’une terrasse suffisamment grande pour justifier d’un point de vue économique une ouverture pourront en profiter." En d'autres termes, les restaurants disposant d'une terrasse trop petite pour profiter de cette mesure continueront d'être laissés de côté...
Comme l'indique le projet de loi, il s'agit en vérité plus d'un compromis que d'une mesure d'assouplissement liée à une amélioration de la situation, celle-ci restant en effet assez préoccupante. "Compromis entre d’une part, la volonté du gouvernement d’offrir des perspectives à un secteur, celui de l’HORECA, qui a particulièrement pâti des restrictions imposées dans le cadre de la lutte contre la pandémie actuelle, et d’autre part, la sécurité et la santé des personnes".
Pour rappel, le projet de loi prévoit une ouverture des terrasses de 6h à 18h, le port obligatoire du masque pour le personnel en contact direct avec les clients et pour les clients lorsque ceux-ci ne sont pas assis, une consommation à table, une limitation du nombre de clients à deux personnes par table (sauf si elles font partie d’un même ménage ou cohabitent), une distanciation des tables d’un mètre cinquante (ou la mise en place de barrières) ainsi qu'une obligation de recueillir "des données à caractère personnel" des clients.
Là encore, la CCDH tique un peu: pourquoi ouvrir les terrasses entre 6h et 18h, alors que le couvre-feu n'entre en vigueur qu'à 23h? Les "after-work" et le "Rambazamba" que le Premier ministre Xavier Bettel souhaite éviter peuvent tout à fait avoir lieu jusqu'à 23h, ailleurs qu'en terrasse...
La nécessité de devoir tenir un registre des clients et de le conserver durant trois semaines pose question. Sur ce point, la CCDH "s’interroge d’une manière plus générale sur l’utilité, la nécessité et les modalités de la mise en œuvre d’un tel registre" tout en saluant le fait qu'il sera "interdit d’utiliser les données collectées à d’autres fins, notamment commerciales".