Programme de stabilité et de croissanceL'opposition ne ménage pas ses critiques au gouvernement

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Trop optimiste, éloigné de la réalité et pas suffisamment ambitieux: tels ont été quelques-uns des qualificatifs utilisés par l'opposition pour critiquer le programme du gouvernement.

Jeudi, les députés ont réagi au Programme de stabilité et de croissance présenté par les ministres de l'Economie et des Finances.

La coalition gouvernementale est fière que l'économie luxembourgeoise ait bien surmonté la crise par rapport à d'autres, mais les députés de l'opposition ont regretté certaines faiblesses.

Déni de réalité

David Wagner pour "déi Lénk" a avoué avoir pensé à Donald Trump, quand le ministre des Finances,  Pierre Gramegna, a présenté le Programme de stabilité et de croissance (PSC):

"Nous avons affaire à un déni de réalité relativement important."

Toujours le logement

Une chose est claire: l'opposition ne pense pas que le pays se porte aussi bien que le dit le gouvernement. Les inégalités sont en hausse. Aujourd'hui, 122.000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté, a souligné le nouveau co-président du groupe parlementaire CSV, Gilles Roth. Pendant la crise, on n'a pas suffisamment pensé à la jeune génération, qui rencontre toujours plus de difficultés sur le marché du logement. Depuis l'entrée en fonction du gouvernement bleu-rouge-vert, les prix des logements ont augmenté de plus de 50%.

Gilles Roth: "On ne peut pas le dire autrement. J'entends encore Madame Nagel dire: maintenant nous allons passer à l'action. Elle est passée à la trappe. Ils l'ont envoyée dans le désert, littéralement. Mais est-ce qu'il s'est passé quelque-chose? 5.000 logements ont été réalisés en 2007. En 2020 aussi."

Politique d'austérité évitée

Oui la crise du logement est un problème, confirme le député vert François Benoy. A la différence du CSV, il est toutefois opposé à l'élargissement du périmètre de construction. Il se réjouit en revanche qu'une politique d'austérité soit désormais évitée, y compris au niveau européen:

"Le plan de relance montre que les signes des temps ont été reconnus au niveau européen. Ce n'est certainement pas parfait. Mais il est exceptionnel et historique. A cause de ce montant. Au total, l'Union européenne a mobilisé 750 milliards d'euros, dont la majeure partie sera distribuée aux Etats via les plans de relance nationaux. Et ensuite son approche solidaire. Les Etats membres, qui ont plus souffert, recevront plus."

Pour le député ADR Roy Reding, c'est une erreur de donner plus à ceux qui, selon lui, ont simplement mal géré les finances:

"Nous sommes opposés à une union de la dette, opposés à faire des dettes ensemble. Ceci n'est rien d'autre. A nos yeux, c'est une rupture de contrat."

Une certaine stabilité économique

D'un point de vue économique, nous traversons jusqu'à présent la pandémie avec une certaine stabilité, se félicite le député LSAP Claude Haagen:

"Rien qu'au cours des trois premiers mois de cette année, 45 millions d'euros ont été déboursés pour le chômage partiel. Au final, on constate que toutes ces mesures ont bien fonctionné. Le chômage n'a pas explosé comme on le craignait. L'économie a beaucoup moins reculé que ce qu'on prévoyait au début de l'année dernière."

Ce serait le mérite de la place financière, a dit le député libéral André Bauler:

"Le secteur financier, qui est parfois considéré par certains comme s'il s'agissait du diable lui-même. Il a permis à notre économie de ne pas s'arrêter complètement, même pendant le confinement."

Pour ces raisons, ce n'est pas un recul de 6%, mais de 1,3% du PIB qui est attendu pour 2020. David Wagner n'est guère optimiste.

"Le problème est que notre croissance est dopée. Cela ne correspond pas nécessairement aux réalités économiques dans l'économie réelle. Nous avons une place financière!"

Manque de personnel de santé

Le député de la Gauche en appelle à la prudence. Un thème qui fait consensus au-delà des partis, c'est le manque de personnel qualifié dans le secteur de la santé.  Selon le député pirate Sven Clement, le gouvernement ne mobiliserait pas assez d'argent pour maîtriser le problème à long terme.

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