
Lundi, l’Inspection Générale des finances (IGF) a présenté son rapport sur l’audit de l’Office national de l’accueil à la Commission parlementaire de la Famille, en présence du ministre Max Hahn. Ce dernier a annoncé à cette occasion qu’un nouveau directeur va devoir accompagner la réforme de l’ONA. A la demande d’Yves Piron, son mandat, qui arrive à échéance fin 2026, ne sera pas prolongé.
L’administration, qui s’occupe actuellement de pas moins de 9.000 personnes ayant fui vers le Luxembourg, a donc besoin d’un nouveau directeur. Le poste sera mis au concours dans les prochaines semaines. Selon l’IGF, cette personne devra, en collaboration avec les responsables politiques et éventuellement des experts externes, engager des changements d’envergure, bien que l’ONA remplisse globalement déjà ses missions aujourd’hui.
Le principal défi reste la saturation chronique des structures, souligne l’IGF. Malgré un quasi doublement en six ans, pour dépasser les 8.200 lits, les places disponibles demeurent insuffisantes. Les structures sont trop concentrées dans un nombre limité de communes et se trouvent souvent dans un état qui n’est pas optimal. Les partenaires de l’ONA, comme par exemple les ONG, n’appliquent pas tous les mêmes standards de qualité, ce qui laisse en tout cas une marge d’amélioration. L’ONA devrait répartir davantage de structures sur l’ensemble du pays. Pour cela, l’administration dépend des communes. Le directeur de l’ONA, Yves Piron, les a appelées à faire preuve de solidarité et à prévoir elles aussi des structures d’accueil pour les réfugiés.
Il ressort également du rapport que le cadre légal de l’Office national de l’accueil doit être adapté aux nouvelles réalités. Les crises migratoires doivent être anticipées : davantage d’action, moins de réaction. Pour cela, des procédures d’urgence documentées sont nécessaires, tout comme des stratégies à long terme. Selon l’IGF, le fonctionnement de l’ONA serait amélioré si la hiérarchie était plus élargie et moins centralisée. Il faut clarifier qui est responsable de quoi et qui doit prendre quelles décisions. Par ailleurs, les plus de 70 contrats à durée déterminée parmi les quelque 300 agents que compte l’Office, constituent un risque : un savoir‑faire important se perd régulièrement. Le rapporteur Marc Vanolst a également évoqué les systèmes informatiques : les différents outils doivent être mieux interconnectés afin de fonctionner ensemble. En ce qui concerne les finances, l’IGF n’a constaté aucun double financement, ce qui ne signifie toutefois pas que le risque n’existe pas. Pour les dépenses de moindre ampleur, l’IGF recommande des procédures de contrôle moins strictes afin de permettre à l’ONA de travailler plus rapidement. Dans un souci de simplification administrative, il serait aussi envisageable de réfléchir au paiement immédiat direct des factures médicales des réfugiés.
Pour le ministre de la Famille, Max Hahn, ce rapport constitue une sorte de “mode d’emploi” pour améliorer l’ONA dans les années à venir. Pour le directeur Yves Piron, il offre une orientation importante. Il a toutefois souligné que ses équipes avaient bien géré les dernières crises.