
Il s'agit d'un équilibre délicat. D'une part, chacun doit être libre de pouvoir dire ce qu'il pense et d'autre part, d'autres personnes ne doivent pas être agressées ou traitées injustement par ces propos. Mais où sont les limites de la liberté de pensée? Marc Schoentgen, directeur de la fondation "Zentrum fir politesch Bildung" (centre pour la formation politique) :
"Quand je propage des mensonges, c'est une limite, quand je propage des choses illégales, il y a une limite, quand j'attaque personnellement quelqu'un, quand j'attaque quelqu'un d'une manière particulière en raison de sa couleur de peau, de son origine ethnique ou de ses croyances religieuses, alors les frontières sont définitivement franchies."
Il ne s'agirait pas d'un phénomène nouveau, affirme Marc Schoentgen, mais le fait que les responsables politiques se penchent de plus en plus sur le sujet, indique que la problématique s'aggrave. On l'aurait remarqué pendant la pandémie:
"Cela tient au fait que, bien sûr, le discours est devenu plus cassant. Que les controverses sont plus nombreuses, notamment la question autour de vacciner/pas vacciner. C'est quelque-chose qui préoccupe beaucoup les gens, qui fait l'objet de nombreux débats. Où on n'est pas d'accord et il y a évidemment alors des gens qui s'expriment sans filtre et cela conduit, en temps de crise, à une augmentation des discours de haine à différents endroits, sur différentes plateformes."
Mais l'internet ne peut pas être une zone de non-droit. Les mêmes règles s'appliquent dans le monde virtuel que dans le monde réel. Le problème serait souvent qu'on ignore qui se cache derrière un compte. C'est pourquoi une certaine sensibilisation serait nécessaire, notamment à l'école.
"Comment je dis les choses, comment je m'exprime correctement. Et que je ne peux pas tout dire. Mais qu'il existe des limites à la liberté de pensée, qu'il n'y a pas de zone de non-droit. Dans le secteur de l'éducation, on ne peut pas arriver avec un gros bâton ou l'index levé. Là, il faut trouver une méthode pour sensibiliser les jeunes."
Ce qui pourrait aider contre les discours de haine, ce serait une forme de "counter speech", de contre-discours. Que le discours ne soit pas dominé par la haine. S'il faut une régularisation plus forte pour y parvenir, il ne faudrait toutefois pas qu'une seule institution, plateforme ou autorité en soit responsable.
Car cela pourrait mettre en danger la diversité de pensée: "Et cela compliquerait en même temps les choses. On ne peut pas dire le gouvernement devrait faire un contre-discours, ou une institution le fait. Nous avons un certain pluralisme et dans cette matière aussi, nous avons un pluralisme et le contre-discours devrait donc venir de plusieurs côtés."
S'il devait y avoir un jour une loi, il faudrait sans cesse l'adapter, car le monde virtuel évolue tellement vite, selon le directeur de la fondation "Zentrum fir politesch Bildung".