
Les sans-abris font notamment partie de cette fraction de la société, raison pour laquelle le président de Médecins du Monde, le Dr Bernard Thill, ne comprend toujours pas l'interdiction de la mendicité dans la capitale. Il faisait partie de la manifestation vendredi à Luxembourg-ville afin de dénoncer cette mesure.
"Tout le monde n'a pas la chance d'appartenir à cette partie privilégiée de la société", a-t-il notamment déclaré au micro de RTL, "nous devrions avoir honte en tant que société de vouloir cacher ces personnes qui n'ont pas d'argent, qui ne vont pas bien et qui sont forcées de s'asseoir par terre avec un gobelet pour tenter de survivre".
Très engagé, il poursuit: "je n'arrive pas à m'imaginer que l'on puisse tout simplement les faire dégager de la rue pour cacher une réalité et que l'on n'arrive pas à regarder ces personnes et la vérité dans les yeux. Car ce sont des être humains en détresse qui sont assis par terre".
C'est pour ces personnes que s'engage l'association de Bernard Thill. Au lieu d'instaurer une telle interdiction, il propose d'abord de se poser quelques questions: "pourquoi ce problème existe-il chez nous ? Pourquoi ces personnes sont-elles à la rue ? Pourquoi sont-elles en train de mendier ? Ces interrogations devraient être éclaircies avec toutes les ONG qui existent au Luxembourg et qui s'occupent des problèmes sociaux, afin de pouvoir agir directement au cœur du problème pour aider ces gens dans le bon sens. Cela devrait être la conséquence logique au lieu de tout cacher aux yeux de la société. Je trouve que cette attitude est totalement inhumaine et inimaginable".
Le président de Médecins du Monde est convaincu qu'il ne faut pas ignorer la pauvreté, qu'elle se trouve au Luxembourg ou n'importe où dans le monde. Cela ne ferait qu'amplifier la menace de conflits potentiels qui risquent, tôt ou tard, d'exploser.
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