Face à de grands défisL'industrie au Luxembourg a besoin de plus d'Europe, selon la Fedil

Pierre Jans
Georges Rassel va succéder à Michèle Detaille à la tête de la Fédération des entreprises industrielles luxembourgeoises pour les cinq années qui viennent.
© Pierre Jans

Avec la pandémie et la crise énergétique, la précédente présidente n'a certainement pas eu la tâche facile. Mais le programme de travail que Georges Rassel a présenté mardi lors de l'assemblée générale de la Fedil, montre aussi que l'industrie luxembourgeoise est confrontée à de grands défis.
La Fedil a participé à la réunion tripartite de mars en tant que représentante du patronat. Mettre un frein à l'inflation et négocier des aides financières pour les entreprises énergivores: les objectifs ont été atteints, explique son directeur, René Winkin. Ensuite il y a eu les élections nationales, où la Fedil a mené un intense travail de lobbying auprès des candidates et candidats. L'industrie représente en effet un quart du PIB luxembourgeois. La Fedil peut travailler avec le nouveau gouvernement, probablement même plus rapidement qu'avec le précédent, affirme René Winkin. La Fedil s'inquiète aussi cette année du nombre croissant de réglementations européennes.

"Il est question ici des réglementations de reporting/conformité, qui sont sorties à une cadence que, je dirais, ni les administrations ni les entreprises ne suivent. Nous voulons mettre fortement l'accent là-dessus en prévision des élections européennes. Tout cela doit être digéré voire simplifié dans les cinq années qui viennent. Il ne faut pas encore en remettre une couche.“

Il existe bien sûr aussi des chantiers nationaux pour la Fedil. Mais la nouvelle présidence souhaite mettre clairement l'accent sur l'industrie dans un contexte européen. La Fedil est pour plus d'Europe, pour des règles uniformisées dans le marché intérieur et pour une représentation commune afin de continuer à défendre sa position sur le marché mondial. Selon René Winkin, faire cavalier seul est préjudiciable comme avec la législation sur les chaînes d'approvisionnement.

"La France et l'Allemagne ont déjà avancé et fait leur propre loi. Nous espérons désormais que celles-ci seront intégrées dans la nouvelle loi européenne. Nous avons toujours dit que nous devions aborder ce projet au niveau européen, car il concerne tous les produits et tous les services. Ce n’est qu’avec des règles européennes que nous avons un réel impact sur l’extérieur.“

Trois femmes siègent au nouveau conseil d'administration et Michèle Detaille devient présidente d'honneur de la Fedil. Si l'industrie reste dominée par les hommes, Michèle Detaille voit quelques progrès.

"Très souvent des jeunes femmes, que je ne connais pas, viennent vers moi dans le tram ou après des manifestations, et me remercient pour tout ce que j'ai fait pour elles. Je pense que je n'ai pas fait cela pour elles. J'ai seulement fait mon job, mais je suis consciente de l'importance de servir d'exemple. C'est pourquoi j'invite toutes les femmes qui ont envie de travailler, à prendre leurs responsabilités. Nous avons besoin de personnes qualifiées dans l'industrie. Et les femmes sont souvent très qualifiées.“

Un encouragement que veut souligner le nouveau président, Georges Rassel.

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