
Les représentants du gouvernement, du patronat et des syndicats se sont réunis mardi pour trouver ensemble des solutions à la hausse considérable des prix de l'énergie. Aucun accord n'ayant encore été trouvé, la tripartite se poursuit ce mercredi.
L’analyse est la même mais les conclusions sont différentes, a dit mercredi matin le président du LCGB, Patrick Dury, après la première partie de la tripartie mardi.
Syndicats et patronat auraient été en grande partie d’accord sur le fait que l’inflation actuelle et l’explosion des coûts, notamment des prix de l’énergie, impactent tant les entreprises que les salariés. Le point crucial reste l'index.
Le patronat voudrait remplacer le mécanisme actuel de l’index par une prime unique, a critiqué Patrick Dury. Une idée qui ne convient pas aux syndicats, qui considèrent l’index comme la base de la paix sociale au Luxembourg et la seule garantie pour les salariés du secteur privé de préserver leur pouvoir d’achat.
Selon lui, la prime proposée ne correspondrait pas à ce que les gens recevaient jusqu’à maintenant grâce au système d’indexation. Il estime d'ailleurs que l’index ne serait pas là à des fins sélectives ou pour faire une politique sociale. Cela il faudrait le faire par des impôts.
Y aura-t-il un accord entre les partenaires sociaux mercredi? Patrick Dury n'en était pas encore sûr mercredi matin. Mais il n'imagine pas un syndicat adopter le paquet de mesures si cette fameuse prime proposée par le patronat y est incluse.
Pendant la crise financière et la crise Covid, les syndicats auraient toujours contribué à ce que les entreprises obtiennent ce dont elles avaient besoin. Il s’agirait maintenant d’aides pour les personnes privées, de leur pouvoir d’achat et de la paix sociale, a-t-il rappelé.
Concrètement, le LCGB a proposé différentes mesures lors de la tripartite afin d’améliorer le pouvoir d’achat. Il faudrait limiter les accises et la TVA sur les carburants, augmenter les frais de déplacements, relever les crédits d’impôt et les adapter à l’inflation et geler les loyers comme pendant la crise sanitaire. Les syndicats soutiendraient tout ce qui profite aux ménages à faibles revenus.
Il appartiendrait à présent au gouvernement d’annoncer la couleur. Surtout sa position par rapport à l’index. Le gouvernement serait également invité à aider de manière ciblée les entreprises qui ont des problèmes et à chercher des solutions au niveau européen.
En soi, c’est tout le modèle social européen qu’il faudrait remettre en question et faire en sorte que l’Europe redevienne autonome, autosuffisante, selon Patrick Dury.
La question de l’approvisionnement énergétique devrait aussi être considérée au niveau européen. La situation actuelle montre combien il serait important d’accompagner la transition énergétique, a ajouté le président du LCGB. Sinon seuls ceux qui peuvent se le permettre, monteront dans la voiture.
Socialement, la situation actuelle a une grande puissance explosive. La crise du logement reste sans solution, beaucoup de gens ruminent toujours les conséquences de la pandémie. Dans ce contexte, il ne pourrait y avoir de "tripartite à un coup", a affirmé Patrick Dury. Un suivi des réunions serait bien plus nécessaire pour traiter les problèmes actuels les uns après les autres. La tripartite resterait l’instrument de crise par excellence.