LiserL'explosion des prix des logements ces deux dernières années serait une anomalie

RTL Infos
La hausse des prix de 16,7% des logements l'an dernier, est une anomalie qui s'explique par plusieurs petits aspects, a déclaré jeudi sur RTL Julien Licheron, chercheur au Liser.

L'économiste espère que dans un futur proche, nous en reviendrons à des évolutions de prix plus normales de 2 à 4% par an.

Le risque d'une bulle immobilière au Luxembourg serait moins grand que dans d'autres pays, selon Julien Licheron. Dans les pays où une bulle immobilière a explosé, nous avions eu une surproduction de logements. Au Luxembourg, le problème principal est que l'offre ne suit toujours pas l'évolution démographique. Par ailleurs, il y a le "nimbysme", en référence à l’expression anglaise « Not In My BackYard » (pas dans mon jardin), qui caractérise l'opposition manifestée par les riverains à la construction de nouveaux projets dans leur voisinage immédiat. Il y a également l'extrême lenteur des procédures et la spéculation. Julien Licheron a déclaré que l'appétit des investisseurs ne cessait de croître. Le Luxembourg serait aujourd'hui mieux connu des investisseurs étrangers que c'était le cas il y a quatre-cinq ans. La majorité d'entre eux habiteraient toutefois au Grand-Duché.

Si les prix des logements augmentent, cela pourrait être une bonne nouvelle pour ceux qui investissent pour louer ou pour ceux qui possèdent plusieurs logements. Pour ceux qui possèdent un logement, ce serait un gain purement "théorique" ou "potentiel", précise Julien Licheron. Parce que s'ils vendaient, ces gens devraient pouvoir se payer un logement cher, et de l'autre côté, ils ont des enfants et des petits-enfants, qui sont eux-mêmes confrontés aux difficultés sur le marché de l'immobilier.

Mesures à prendre

Toutes les mesures qui pourraient contribuer à la création de plus de logements devraient être prises en considération, ajoute Julien Licheron. Par exemple une taxe sur les logements vides et les terrains inoccupés. A côté des mesures "punitives", il en faudrait aussi qui "incitent" afin de mobiliser.

Ouvrir le périmètre, comme le propose le CSV, est une mesure qui doit être bien réfléchie, car il y a un risque "d'effet pervers", d'uniquement agrandir le terrain à construire qui est retenu. Selon Julien Licheron, cela aurait seulement du sens pour réaliser de grands projets. Pour l'économiste du Liser, il faudrait d'abord mobiliser les terrains qui sont déjà à l'intérieur du périmètre.

Pour venir à bout du "nimbysme", un élément serait l'„humain", selon Julien Licheron. Malheureusement malgré tout le travail de persuasion, nous ne pourrons pas éviter d'imposer certaines mesures.

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