
Les chèques repas sont souvent utilisés à mauvais escient, comme l'avait montré un reportage de nos collègues de RTL il y a un mois. Par exemple pour acheter de coûteux appareils électroniques.
Cette pratique entraîne des pertes financières supplémentaires pour les restaurateurs, qui ont déjà du mal à s'en sortir à cause de la pandémie. L'association Don't Forget usa mis en avant cette problématique jeudi matin lors d'une conférence de presse. L'avocat qui représente l'association, Frank Rollinger, en décrit les dimensions.
Frank Rollinger: "Il ne s'agit pas de broutilles, il ne s'agit pas d'infractions mineures, surtout quand nous voyons les montants. Le marché serait de 140 à 150 millions d'euros par an. En gros, je pense que l'abus est d'environ 50%. Mais sans exagérer maintenant, supposons un tiers, alors nous sommes à 50 millions par an, qui sont mal utilisés. Mal signifie utilisés illégalement, utilisés de manière délictueuse. Il ne s'agit pas ici de supprimer quelque-chose à ces personnes, mais elles doivent utiliser [les chèques repas] pour ce à quoi ils sont destinés."
Ce qui fâche l'association, c'est l'absence de réaction du gouvernement, alors que son attention est attirée sur cette problématique depuis l'année dernière. Frank Rollinger pense qu'on pourrait au moins rappeler aux gens lors d'une conférence de presse qu'ils doivent respecter la loi.
Le président de Don't forget us, Jean-Claude Colbach a aussi souligné que de nombreuses entreprises du secteur Horeca, maintenant juste avant l'arrivée après la pandémie, risqueraient toujours la faillite.
Et cela parce que pendant les huit premiers mois de la pandémie, donc de mars à fin octobre 2020, aucune aide n'aurait été apportée à l'Horeca. Ils seraient encore nombreux à être rongés par cela aujourd'hui. Il espère que le gouvernement pourra bientôt en tenir compte.
A lire aussi:Caméra cachée: Le détournement du chèque repas est bien réel au Luxembourg