
Les vignerons privés organisaient leur réception du Nouvel An mardi en début de soirée. Sur de nombreux points, ils se disent satisfaits du gouvernement CSV-DP, en particulier du ministère de l’Agriculture.
Cependant, une récente campagne leur donne davantage d’aigreurs d’estomac qu’un mauvais crémant.
Pas question de “Dry January” ici : à Ahn, les vignerons indépendants ont trinqué à la nouvelle année, avec du vrai crémant. Quant à la campagne du gouvernement invitant à renoncer totalement à l’alcool en janvier, elle ne plaît pas plus aux vignerons indépendants qu’aux Domaines Vinsmoselle, ou à l’Horesca.
Guy Krier, président des vignerons indépendants, explique : “Les gens comprennent sûrement que nous, en tant que producteurs, ne pouvons pas nous en réjouir. Le vin est une boisson culturelle. L’être humain produit du vin depuis plus de 8.000 ans. Et ces dernières années, il n’a fait de mal à personne, à condition d’en boire avec modération.”
Le ministère de l’Agriculture et celui du Tourisme promeuvent l’œnotourisme, c’est-à-dire le tourisme autour du vin, tandis que le ministère de la Santé veut interdire le bon vin. C’est une contradiction pour les vignerons. Et c’est dommage, car, sinon,ils sont globalement satisfaits du gouvernement, explique Guy Krier : “Sur le dossier de la construction en zone verte, nous avons progressé. Dans le monde du travail, nous avons mis en place des simplifications, surtout concernant les travailleurs saisonniers. Et il existe désormais une prime sanitaire pour les propriétaires qui arrachent leurs vignes qu’ils ne cultivent plus et qui maintiennent les parcelles propres. C’est important.”
Le problème de la relève est moins aigu chez les vignerons indépendants qu’à la coopérative Domaines Vinsmoselle. Quand la génération précédente a bien géré, les jeunes reprennent volontiers l’exploitation. Il existe de nombreux exemples, dont celui des frères Nicolas et Mathieu Schmit d’Ahn, qui ont rejoint l’entreprise l’un après l’autre et en ont la responsabilité totale depuis 2021.
“Notre grande motivation était vraiment de pouvoir fabriquer un produit de A à Z. Nous y mettons tout notre cœur. C’est la plus grande motivation en tant que vigneron. Et le moment de déguster le produit avec les clients”, affirme Mathieu Schmit.
La charge administrative est importante et, pour un vigneron, “Work” et “Life” sont indissociables. Tous les vignerons indépendants font face aux mêmes contraintes. Ainsi, malgré une certaine concurrence, ils sont plus forts au sein de l’association. Bientôt, quelques membres partiront dans le nord de l’Italie et en Slovénie pour y puiser de nouvelles idées. Le calendrier des vignerons indépendants est déjà bien rempli pour 2026.
A propos de la campagne “Dry January”, retrouvez ci-dessous l’édito de Thomas Toussaint