
Il était d'abord prévu que le prochain index tombe en juin 2022. Puis, à la mi-février, l'échéance avait été avancé d'un cran puisque l'index pouvait tomber dès avril 2022. A ce moment-là, le Statec tablait encore sur une inflation de 1,7% pour 2021.
La donne a considérablement évolué en ce début de printemps en Europe mais aussi au Luxembourg où l'épidémie de Covid-19 cède indéniablement du terrain. De sorte que le Statec table désormais sur une inflation à 2% cette année.
Des prévisions d'inflation qui sont allées vers le haut pour 2021 suite à la trajectoire du prix du brent dont chacun a pu mesurer les conséquences ces dernières semaines au moment de faire son plein. Selon le scénario révélé dans son plus récent "Conjoncture Flash", sa publication mensuelle, le Statec annonce ce mercredi que "la prochaine tranche indiciaire tomberait vers la fin de 2021".
L'index tomberait encore quatre à cinq mois plus tôt que prévu il y a peu, par le même institut national de la statistique. Et du coup, les salaires seraient tous revus à la hausse avant Noël !
"C'est l'augmentation de presque 20% des prix des produits pétroliers en 2021, selon nos prévisions, qui contribuent beaucoup à cette inflation puisqu'il y a une forte hausse des prix", résume Cathy Schmit, prévisionniste au Statec. Après une chute du prix du brent de 13,5% en 2020 suite à la crise sanitaire, le rebond de 2021 est d'autant plus marqué.
Phénomène qui ne devrait plus avoir lieu dans la même ampleur en 2022 puisque l'inflation est une variation mesurée par rapport à l'année précédente. "En 2022 il devrait juste y avoir une croissance de 2,3% sur les produits pétroliers", projette Cathy Schmit.
L'autre aspect-clef de l'inflation est l'"inflation sous-jacente" qui inclut les produits alimentaires, les boissons, le loyer, l'électricité, les transports, les abonnement de télécommunication, etc. L'inflation sous-jacente ne progresse que très peu au Luxembourg cette année mais pourrait passer de 1,2% à 1,6% en 2022. Le Statec prévoit que, bien moins "stimulé" par les prix des produits pétroliers, le taux d'inflation retomberait de 2% à 1,6% l'an prochain.
Le Statec relève aussi un autre phénomène: le rebond du prix des matières premières (métaux, papier, bois, plastique, caoutchouc) qui pénalise actuellement les industriels. Ces prix qui s'envolent mais aussi les problèmes d'approvisionnement "devraient faire augmenter les prix facturés dans l'industrie et la construction au Luxembourg dans les prochains mois", annonce le Statec.
"Il se peut" que la hausse des prix des matières premières se répercute encore dans les mois à venir sur les prix à la consommation. Ce qui aurait un effet sur l'inflation sous-jacente et donc l'inflation tout court. Ce qui accélèrerait encore un peu plus le déclenchement de la prochaine tranche indiciaire. Mais pour le moment le phénomène "est encore très limité", souligne Cathy Schmit.