
Les salariés en arrêt maladie perçoivent 100% de leur salaire, alors que ceux en chômage partiel ne sont payés qu'à 80%. Il faudrait que ce soit la même chose dans les deux cas, réclame le directeur de Stugalux, une entreprise de construction qui emploie plus de 300 personnes.
Interviewé sur RTL, Joel Schons déclare que juste avant le recours au chômage partiel, le nombre d'arrêts maladie avait fortement augmenté à cause de l'épidémie de coronavirus. En moyenne, l'entreprise compte normalement 12 à 13 salariés en arrêt maladie. Aujourd'hui ils sont 80.
Le patron de Stugalux affirme: „Je ne veux pas être le médecin qui dit que tous ces gens sont en bonne santé, mais c'est injuste pour ceux qui sont en chômage partiel par rapport à ceux qui sont en arrêt maladie“.
Les salariés en chômage partiel et ceux en arrêt maladie devraient être traités sur le même pied. Cela devrait être la même chose dans les deux cas, soit 80% du salaire, soit 100%. Il s'agit d'une décision politique, selon Joel Schons.
Reprendre certaines activités sous conditions
Le directeur de Stugalux peut comprendre que les grands chantiers soient à l'arrêt, mais il souhaiterait que certaines activités, où peu d'ouvriers sont nécessaires, puissent reprendre sous de strictes conditions de protection. Joel Schons cite comme exemple les carreleurs ou les peintres dans de nouvelles constructions.
Il pointe aussi du doigt une ambiguïté dans les mesures restrictives et raconte comment deux de ses employés se sont rendus, avec deux voitures, sur le terrain pour mesurer des niveaux. Alors qu'ils se tenaient à une distance d'au moins dix mètres, ils ont été renvoyés à la maison par la police.
Quant à la recommandation du ministère de l'Intérieur de ne plus accorder de permis de construire, cela "n'aidera certainement pas" la construction de logements après la crise, critique encore l'entrepreneur.
Il faudrait également remettre en question le congé collectif cet été, car il serait difficile de faire passer que si on peut recommencer à travailler en août, il y ait à nouveau des vacances, selon Joel Schons. Il propose comme alternative de payer partiellement le congé ou d'étendre le temps de travail à 54 heures par semaine, sur base volontaire, précise-t-il.
Nicolas Buck, président de l'Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) appelle aussi les salariés à être solidaires. Le nombre d'arrêts maladie aurait effectivement augmenté.