
Les "cols blancs" représentent désormais deux tiers de l'emploi salarié au Luxembourg. La part des diplômés universitaires a fortement augmenté dans l'économie luxembourgeoise. La croissance de l’emploi s’est polarisée au niveau des professions les plus qualifiées et des professions les moins qualifiées. Voilà quelques-uns des enseignements de la dernière édition des "Regards" du Statec.
Dans certains secteurs, trois quarts des salariés ont un diplôme de niveau tertiaire. Il s'agit des activités spécialisées scientifiques et techniques, de l'enseignement, des activités financières et d'assurance ainsi que du secteur de l'information et de la communication.
Il y a aujourd'hui beaucoup plus de salariés qui ont poursuivi des études supérieures que jamais auparavant, selon Paul Reiff du Statec: "Il y a 20 ans, les diplômés du secondaire représentaient encore la moitié des salariés, cette part s'est réduite à un tiers. La part des diplômés d'un BTS, d'un bachelor ou d'un master a fortement augmenté."
La situation est tout à fait différente dans le secteur de l'Horesca, par exemple, où plus de 90% des salariés n'ont pas fait d'études supérieures. Près de la moitié des salariés de ce secteur n'ont pas de diplôme de fin d'études secondaires.
Dans le secteur de l'administration publique, les diplômés du secondaire constituent la majorité. Les "cols blancs" représentent aujourd'hui deux tiers de l'emploi salarié au Luxembourg.
"C'est à rapporter à l'évolution de la place financière et de tous les services qui tournent autour. Les cols blancs qualifiés, par exemple les directeurs, cadres ou les professions intellectuelles et scientifiques, se sont fortement développés."
Beaucoup d'emplois administratifs ont disparu. En revanche la situation est restée stable pour le travail manuel.
"Il faut dire que nous avons plutôt une progression du nombre de postes moins qualifiés, ce qu'on appelle les travailleurs auxiliaires. Les cols bleus qualifiés [métiers qualifiés de l'industrie et de l'artisanat] sont eux en recul."
Sur le marché du travail, 45% des salariés sont des frontaliers, 28% des résidents étrangers et seulement 27% des résidents de nationalité luxembourgeoise auxquels il faut ajouter 2% de frontaliers luxembourgeois.
"Chez les Luxembourgeois, nous avons une large fourchette intermédiaire de diplômés du secondaire. Mais nous avons un taux plus bas d'universitaires que chez les étrangers qui habitent ici. Les Luxembourgeois sont aussi concentrés dans certains secteurs: la santé, l'enseignement, l'administration publique et la finance."
Enfin, il faut encore ajouter que deux tiers des Luxembourgeois travaillent dans les secteurs les plus rémunérateurs.