Marc WagenerLes recettes fiscales "dopées" par l'inflation financent aussi les désirs de dépenses

RTL Infos
Le président du Conseil national des Finances publiques, Marc Wagener, était l'invité de la rédaction de RTL mardi matin.

Si les barèmes fiscaux ne sont pas ajustés à l'inflation et que les salaires augmentent, alors ces salaires, comme c'est actuellement le cas, génèrent plus de recettes pour l'État. Le Conseil national des finances publiques, le CNFP, a calculé que l'Etat aurait perçu 1,7 milliard d'euros de moins de l'imposition des salaires et traitements si les barèmes avaient été indexés entre 2019 et 2026. Cet argent serait alors resté dans l'économie, que ce soit sous la forme d'un pouvoir d'achat accru pour les particuliers ou de possibilités d'investissements pour les entreprises. Mais les responsables politiques doivent également faire des choix, car les gens souhaitent aussi des dépenses, selon le président du CNFP, Marc Wagener.

A la question de savoir si le gouvernement pourra encore passer à côté d'un ajustement des barèmes fiscaux à l'inflation, si deux à trois index tombent l'an prochain, Marc Wagener a répondu:

"Bien sûr, mécaniquement parlant, les recettes augmenteraient alors, mais les dépenses augmenteraient aussi et à un moment donné, l'économie s'affaiblirait tellement, qu'il faudrait considérer cela aussi."

Si l'inflation devait rester élevée, alors, à ses yeux, il y aurait de nouveaux appels de la part des particuliers et des entreprises pour obtenir de l'aide et cela devrait pouvoir être financé. Alors que les recettes fiscales sont actuellement "dopées" par l'inflation, une détérioration "relativement brutale et relativement forte" se produirait, a ajouté le président du CNFP. Et plus précisément si les mesures des tripartites se répercutent encore totalement sur le budget de l'Etat.

Il s'agit donc de choix politiques que le CNFP ne souhaite pas commenter. Sa tâche est de voir si finalement les finances publiques restent saines et là, le CNFP est préoccupé. Même si le déficit budgétaire reste inférieur à 3% du PIB à moyen terme, pour d'autres indicateurs, dont le solde structurel, les objectifs ne seraient plus remplis à partir de 2024. Marc Wagener a expliqué cet indicateur avec une métaphore:

"Si vous avez un salaire et que vous vous en sortez un mois où tout va bien, c'est un constat. Mais si vous avez un salaire, où le frigidaire peut tomber en panne et que vous pouvez quand même vous en sortir, alors c'est encore mieux."

L'État ne pourrait-il pas épargner davantage au lieu de percevoir davantage d'impôts? Selon Marc Wagener, l'épargne est souvent mal représentée. L'épargne ne signifierait pas nécessairement "que l'on frappe avec un marteau". Même les années où l'économie tourne plus lentement, plus d'argent rentre généralement. Selon l'économiste, le "rythme de progression" des nouvelles dépenses serait également prévu à moyen terme. D'après Marc Wagener, si l'on parvenait à passer des 6 - 7% de dépenses supplémentaires actuelles par an à 2 - 3%, alors la situation s'améliorerait déjà beaucoup.

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