
Le Conseil national des finances publiques (CNFP) a présenté jeudi de nouveaux calculs sur base de nouvelles données démographiques, économiques et budgétaires de la Commission européenne. D'après ces projections, la dette publique pourrait atteindre 70 ou 223% du PIB dans moins de 50 ans.
L'écart est important, car il existe de nombreux scénarios différents. Le résultat ne peut pas être précis non plus, car il y a "tellement d'hypothèses". Il y a d'un côté des crises qui ne peuvent être prévues, mais d'un autre côté il y a aussi d'éventuelles évolutions positives du côté de la productivité, qui influencent les résultats ou l'état des finances publiques dans l'une ou l'autre direction.
Le président du CNFP note également que la Commission européenne est devenue plus pessimiste. Elle compte sur une baisse des gains de productivité ainsi qu’une augmentation des déficits budgétaires. Si l'on prend les projections de la Commission d'il y a trois ans en termes de "solde structurel", on n'arrive pas à 223, mais à 171% dans le scénario défavorable.
Le gouvernement luxembourgeois estime actuellement que la dette nationale sera inférieure à 30 % du PIB jusqu'en 2038. Romain Bausch rappelle que les règles budgétaires européennes fixent la limite à 60%. Et lui-même est d'avis que: "si vous êtes à 28 ou 35%, cela ne change rien à la situation".
Selon Romain Bausch, ce serait une erreur de ne pas faire de calculs ou de projections, seulement parce qu'il y a une incertitude. A ses yeux, il est toujours bon de savoir dans quelle direction on va, afin de pouvoir prendre les mesures qui s'imposent à un stade précoce.
Il souligne ici que les projections sont calculées sur base d'une "politique inchangée" et des mécanismes de correction sont déjà intégrés dans le cadre légal des caisses sociales, qu'il s'agisse de la Caisse nationale de Santé ou de la Caisse nationale d'assurance pension. S'ils ne devaient pas suffire, il faudrait que les politiques décident de mesures supplémentaires, mais des mesures impopulaires sont-elles encore politiquement possibles? Romain Bausch ne pense pas qu'il faille procéder "par tous les moyens".
Pour lui, une chose est claire: "si vous commencez des petits changements à un stade précoce, ce n'est rien de dramatique". On pourrait aborder le débat "de manière détendue", car il n’y aura pas de "déraillements" dans les cinq à dix prochaines années. Mais on peut préparer maintenant l'avenir pour cette génération et les suivantes. Et plus on agit tôt, moins il faut agir drastiquement, selon le président du CNFP.