
Ce fut un choc pour de nombreux parents. Le ministère de la Santé et de la Sécurité sociale a rapidement réagi et assuré que les enfants continueront d’être pris en charge au Centre national de rééducation fonctionnelle et de réadaptation. Il a annoncé qu’il va adapter la base légale responsable de tout ce chaos.
La nouvelle de l’arrêt des traitements des mineurs fut un choc absolu pour la plupart des parents concernés. Ainsi pour Danielle Schlechter. Sa cadette, Emma, a perdu son bras gauche suite à un cancer fin 2024. Au début de l’année, la rééducation commence au Rehazenter, jusqu’à la fin avril, lorsque la médecin dit quasiment “Au revoir et merci”. Plus besoin de revenir.
“Elle était très nerveuse et on voyait que ce qu’elle avait à nous annoncer ce jour-là, lui faisait de la peine. Au début, elle ne trouvait pas ses mots et je lui ai dit que je pensais qu’elle avait quelque-chose à me dire. Elle nous a alors dit que le Rehazenter ne proposait malheureusement plus de thérapie pour enfants”, raconte Danielle Schlechter, la maman d’Emma, 11 ans.
Les enfants hospitalisés et ceux traités en ambulatoire sont concernés, selon Emma. Mais Danielle Schlechter ne se satisfait pas de cette situation et écrit immédiatement à de nombreux députés et contacte les médias.
“Nous avions vraiment peur qu’elle s’effondre, tombe en dépression. Car Emma s’est vraiment épanouie grâce au Rehazenter. C’était ainsi: je vais ailleurs maintenant, là je serai bien accueillie. Je pourrai aller nager. Je pourrai bouger autrement. L’ergothérapeute lui a montré des trucs pour lacer ses propres chaussures d’une seule main. Qui de nous sait cela? Je n’aurais pas pu lui montrer ça”, explique la mère d’Emma.
L’origine de ce chaos est à trouver dans la base légale de la loi relative aux établissements hospitaliers et à la planification hospitalière. Celle-ci prévoit que les services du Rehazenter sont uniquement dédiés aux adultes. Il ne figure pas de compétence explicite pour les enfants dans la loi. Fin avril, il a donc été décidé: c’est terminé.
Selon des informations de RTL, un certain nombre de médecins ont été choqués par la décision de la direction du centre. Il y a également eu des protestations en interne.
Cette décision a rapidement fait des vagues, à tel point que le ministère compétent est intervenu sans hésiter mardi. Il a précisé dans un communiqué:
“Nous avons pris note que plusieurs professionnels de santé auraient informé les parents que leurs enfants ne seraient plus pris en charge. Si tel est le cas, nous tenons à rassurer les familles concernées que ces enfants continueront d’être pris en charge.”
Interrogée par RTL, la direction du Rehazenter n’a pas réagi pour l’heure.
Ben Koch, le papa de la petite Mia, opérée l’an dernier d’une tumeur au cerveau, a lui aussi été énormément déçu dans un premier temps. Mia est traitée au Rehazenter depuis août dernier pour ses séquelles, car la moitié gauche de son corps est encore partiellement paralysée. Il est extrêmement reconnaissant pour tout le travail effectué au centre de rééducation, mais:
“Nous n’avons absolument pas compris au début pourquoi soudain, une situation autour d’une loi était responsable du fait que quelqu’un ne puisse du jour au lendemain plus suivre une thérapie. Surtout avec les plus petits de notre société. Je ne veux pas voir cela comme un jeu entre responsables politiques et Rehazenter. Mais il y a de cela. D’un jour à l’autre, des centaines de questions vous traversent la tête: comment on va faire maintenant? Dois-je aller quelque part à l’étranger?”
Que va-t-il se passer à présent? En tout cas Ben Koch attend un appel du Rehazenter, avec une réponse à la question: quand Mia pourra-t-elle reprendre son traitement?