
De meilleures perspectives pour les crédits des ménages en 2024 ? Beaucoup de personnes en rêvent ! Car depuis des mois, les taux élevés et les conditions d'octroi de crédits sapent les espoirs de nombreux particuliers qui souhaiteraient investir dans la pierre.
Rappelons que durant les deux dernières années, les taux directeurs de la Banque centrale européenne ont été relevés pas moins de dix fois! Cela a amené les banques à durcir les critères et conditions d’octroi de crédits. "Sur cette période, les taux d’intérêt ont été multipliés par trois pour les nouveaux prêts immobiliers et par deux pour les prêts à la consommation au Luxembourg et en zone euro" écrit ainsi le Statec dans un communiqué ce lundi.
Depuis la dernière hausse des taux directeurs (septembre 2023), les taux d’intérêt appliqués aux ménages se stabilisent à des niveaux historiquement élevés.
"Les perspectives semblent néanmoins s’améliorer", note le Statec. Selon une enquête sur la distribution du crédit bancaire au Luxembourg, les sept grandes banques interrogées ont en moyenne indiqué "qu’elles ont refusé moins de crédits et qu’elles ne durciraient pas davantage les critères d’octroi de crédits immobiliers au cours des prochains moins."
Elles anticipent "une remontée de la demande de crédits immobiliers dès ce 1er trimestre 2024 alors que celle de crédits à la consommation demeurerait inchangée." Les taux devraient être plus ou moins stables sur la première moitié de l’année puis "commencer à diminuer avec la réduction des taux directeurs attendue".
En attendant, les derniers chiffres dans le secteur font toujours grise mine. "Les montants des nouveaux crédits immobiliers octroyés au Luxembourg ont encore diminué au 4e trimestre 2023 (-14% sur un an)".
Mais cela dépend évidemment du type de bien financé. Les prêts pour des logements individuels (maisons ou appartements), qui constituent la majorité des nouveaux prêts immobiliers, reculent pour le 6e trimestre consécutif. Cette diminution pourrait en partie être liée à une baisse additionnelle des prix de vente (ces derniers ne sont pas encore connus) et de la demande (le nombre de nouveaux crédits baisse de 37% sur un an au 4e trimestre).
Un constat qui en dit long sur ce marasme : "Le montant de nouveaux crédits pour des logements individuels a ainsi atteint son niveau le plus faible depuis 2013, alors que les prix immobiliers sont, malgré leur reflux récent, encore bien plus élevés qu’à cette époque."
En revanche les prêts octroyés pour des immeubles résidentiels et des améliorations de logements existants repartent à la hausse au 4e trimestre (resp. +25% et +40% sur un trimestre) retrouvant leur niveau d’il y a un an.
Et les crédits accordés aux promoteurs progressent également (+27% sur un trimestre, +24% sur un an). Les crédits au secteur non résidentiel, qui s’étaient redressés au 1er semestre 2023, repartent depuis à la baisse.