
Il y a une crise de confiance dans le secteur du logement, et les mesures du gouvernement contribuent à restaurer cette confiance. Tel était le constat de Jean-Paul Scheuren, président de la Chambre immobilière, mardi lors d’une conférence de presse. Mais ces mesures gouvernementales sont également l’objet de critiques de sa part.
Au Luxembourg, 60% des ménages sont composés d’une seule personne. Mais, note Jean-Paul Scheuren:
“Tout notre urbanisme ainsi que toute une série de mesures sont toujours axés sur les familles. Et là, il y a simplement une réflexion à mener dans notre société sur le fait d’oser s’attaquer à ces choses et de se poser la question: ne devrions-nous pas aborder différemment certaines mesures en fonction de notre démographie.”
Au-delà de la manière dont on élabore les plans et on construit, la Chambre immobilière a calculé ce qu’un homme seul ou une femme seule peut se permettre avec la subvention d’intérêts. Et la réponse est: “pas grand-chose”. C’est pourquoi Jean-Paul Scheuren pense qu’il faut d’autres seuils pour mieux fonctionner:
“On sait bien que si on est deux, l’appartement ne coûte pas le double. Et s’il y a encore deux enfants en plus, il ne coûte pas quatre fois plus. Le fait que ce soit appliqué différemment et que les revenus de personnes seules soient ajustés différemment, aurait pu provoquer d’autres résultats.”
Mais en fait, il y a aussi un problème d’offre au Luxembourg. Lors de la table ronde consacrée au logement, le gouvernement s’était mis d’accord avec le secteur pour construire des logements locatifs abordables sur des terrains privés dans le cadre de partenariats public-privé.
“Malheureusement, ce programme n’a pas encore été annoncé, bien que nous pensions en fait que nous avions défini les dates clés au bout de huit mois et que le programme devait enfin être annoncé en février”, selon Jean-Paul Scheuren.
Les promoteurs privés promettent cependant de construire beaucoup plus vite que les promoteurs publics:
“Nous parlons là de pouvoir développer 500 à 1.000 logements par an, pour le logement abordable. Et cela concernerait la location et ce serait un modèle dont nous avons absolument besoin aujourd’hui, car avec 2% de logements abordables, nous sommes vraiment très en retard.”
Aujourd’hui, les promoteurs privés perdent peu à peu patience.