
La filière de prise en charge des patients non touchés par le coronavirus doit être maintenue et va l'être, assure Pierre Hertz, le coordinateur des quatre centres de soins avancés que compte désormais le pays.
Les CSA ont été conçus pour fonctionner avec ces deux filières de consultations séparées: la première pour accueillir des patients présentant des symptômes du Covid-19, la seconde pour recevoir des patients présentant d'autres problèmes de santé.
Or, plusieurs médecins considèrent cette deuxième filière inutile, car ces centres de soins ne sont équipés d'aucun moyen pour examiner correctement les patients: pas d'électrocardiogramme, pas de tests urinaires, pas d'échographie, par exemple, comme l'expliquaient hier des médecins interviewés par RTL.
"Les CSA n'ont pas vocation à être des mini-cliniques ou des mini-hôpitaux. Nous avons fait le choix en concertation avec les représentants des médecins généralistes de ne pas équiper les CSA avec tout le matériel (électrocardiogramme, échographie, imagerie). Si, lors de la téléconsultation, le médecin estime que ce type d'examen est nécessaire, il pourrait alors orienter le patient vers un cabinet pour avoir une consultation avec la mise à disposition de ce matériel, ou vers les urgences en fonction du niveau de gravité."Un médecin avait expliqué qu'à Esch, la deuxième filière du centre de soins avancés, avait déjà été partiellement fermée. À ce propos, le coordinateur:
"Il est très clair que la filière non-protégée qui s'adresse aux patients chez lesquels on ne suspecte pas une infection Covid, doit rester ouverte et restera ouverte. Néanmoins il convient de préciser que, lorsque nous avons un afflux important de patients qui sont orientés vers la filière protégée, donc des patients suspects d'une infection Covid, nous faisons un rééquilibrage de nos moyens. Et dans ce cas, le médecin qui était initialement prévu sur la filière non-Covid, repasse dans la filière Covid pour aller prêter main forte à ces confrères."
C'est ce qui s'est effectivement produit au CSA installé dans la Rockhal à Esch. Un nombre tel de patients s'étaient présentés au centre avec des symptômes potentiels du Covid-19, qu'un quatrième médecin avait été envoyé dans la première filière.
"Lorsque le médecin passe sur la filière protégée, il reste néanmoins une infirmière sur la filière non-protégée de manière à pouvoir accueillir un patient et pouvoir faire son premier bilan, si jamais il y avait une urgence et besoin immédiat d'un médecin."
En cette période de crise, de plus en plus de gens ont besoin d'une prise en charge psychologique pour anxiété, dépression ou pour des problèmes de dépendance alcoolique. Des psychologues sont aussi présents dans les CSA depuis mercredi dernier pour accueillir ces personnes, précise encore Pierre Hertz, le coordinateur des quatre centres de soins avancés.