
"Les images de l'époque resurgissent instantanément ces derniers temps", a déclaré l'ancienne ministre des Affaires étrangères Colette Flesch (DP), en faisant référence à la situation de guerre entre l'Ukraine et la Russie. Enfant, elle a été évacuée en mai 1940 pendant la Seconde Guerre mondiale, et elle pensait d'ailleurs depuis bien longtemps que les temps de guerre étaient révolus.
Des milliers de personnes qui doivent fuir leur pays, sans eau, sans électricité et qui se battent pour leur liberté. "Ce qu'il se passe en ce moment en Ukraine est presque plus grave que ce qu'il se passait en 1940", déplore Colette Flesch qui a suivi de près la reconstruction de l'Europe avec beaucoup d'enthousiasme: "je pensais que l'existence de l'UE et de l'OTAN éviteraient une nouvelle guerre", regrette-t-elle en glissant que "le conflit en Ukraine est un réveil très douloureux". Elle a cependant loué l'énorme élan de solidarité envers les Ukrainiens, qu'il s'agisse du gouvernement, des communes ou des citoyens.
Colette Flesch a avoué être "surprise par la forte résistance des Ukrainiens", mais selon elle, à ce stade, une participation directe ou plus de soutien de l'Europe ne devraient pas être pris en considération: "Poutine a montré qu'il ne tenait pas ses paroles et si l'OTAN était attaquée, alors il faudrait réagir, et ce serait catastrophique".
Les sanctions contre la Russie sont un "geste" pour l'Ukraine que les autres pays ont dû poser, mais l'ancienne ministre relativise: "l'effet des sanctions est généralement moindre qu'espéré mais il ne faut pas se faire d'illusion, la Russie se défendra envers l'Europe avec des sanctions à son tour".
La hausse des prix de l'énergie est déjà une réalité dans nos pays. Le gouvernement a d'ailleurs annoncé une tripartite afin de trouver des solutions durables pour les citoyens. Colette Flesch est d'avis que l'index sera également discuté lors de ces réunions qui, selon elle, "ont des effets en amont et en aval mais ces discussions avec les forces vives de la nation sont la meilleure manière de trouver les bonnes solutions, qui sont d'ailleurs le plus souvent des compromis".
Colette Flesch explique que "être économe n'est jamais une mauvaise idée, mais c'est aussi le plus dur, surtout dans une société comme on la connaît depuis l'après-guerre, où tout a évolué de manière positive". Elle avoue enfin ne pas arriver à se faire à l'idée que les temps redeviendraient plus difficiles pour tout le monde.