"Parfois, c'est un véritable combat pour se faire entendre, se faire respecter", a expliqué ce lundi 8 mars la grande-duchesse Maria Teresa dans une interview exclusive accordée à L'Essentiel. C'est pour faire entendre leurs revendications que les femmes sont descendues dans la rue ce lundi 8 mars pour marcher de la gare centrale jusqu'à la Place d'Armes en plein cœur de Luxembourg-Ville.
La grande majorité des manifestantes sont plus jeunes. Elles sont venues crier dans la rue ce qui leur tient à cœur. Comme Gina, 20 ans qui veut souligner que "les femmes ne sont pas un objet. Ce n'est pas parce qu'elle s'habille plus légèrement que l'homme doit la harceler ou la maltraiter". Nadine, 42 ans, logée dans un foyer, glisse d'une voix douce que "c'est grâce à la femme qu'on a tout ce développement. Elle élève l'enfant qui va faire le lendemain: la femme a besoin d'être écoutée".
Une pancarte qui réclame "du respect" autour du cou, Vitoria, 20 ans, se destine à "lutter contre les inégalités à travers le droit. Notamment les inégalités salariales qui font que les femmes subissent des désavantages au niveau du logement". Une quête dont peut témoigner Meriem qui bat le pavé sous la bannière de Finkapé, le réseau des afro-descendants au Luxembourg. "Le droit au logement c'est un gros problème au Luxembourg et encore plus quand on est une personne noire même si on a les moyens de payer le loyer". Meriem réclame en cette journée une société luxembourgeoise "plurielle et intersectionnelle" dans laquelle les femmes noires ne souffrent plus de "racisme, sexisme et classisme".
Portée par de nombreuses voix, l'inégalité salariale étaient affichées sur de nombreuses pancartes. "Nous voulons une répartition équitable du travail payé et non payé, des salaires justes, une réduction du temps de travail et qu'avoir des enfants ne soit pas l'affaire de la femme mais des deux parents", lance sans respirer Michelle Cloos responsable du Département Femmes à l'OGBL. Et pour cause, les récents chiffres du Statec révèlent que l'écart entre le salaire moyen des hommes et de celui des femmes reste de 7% au Luxembourg.
"A mon avis, nous les hommes, nous devons faire partie de la solution. Nous sommes en 2021 et la situation n'est pas égalitaire entre femmes et hommes. Ce n'est plus possible", estime Marc, 43 ans.
Dans ce combat mené dans la rue malgré la crise sanitaire, "il ne s'agit pas d'avoir les mêmes droits d'exploiter les autres. Mais de réinventer un système économique et social qui favorise l'empathie, l'émotionnalité et le fait de prendre soin de l'autre", explique calmement dans le joyeux brouhaha Sandra, 40 ans.
D'après nos informations, plus de 1.000 personnes ont pris part à cette manifestation qui a commencé devant la Gare de Luxembourg pour finir sur la Place d'Armes.