
Les experts conservent une partie de leur recommandation. Ce mardi 5 juillet, les cinq experts nommés par le gouvernement pour étudier la question de la vaccination obligatoire ont dévoilé leur nouvel avis.
Comme dans leur premier rapport, ils se disent "clairement en faveur d'une vaccination obligatoire chez les personnes de plus de 50 ans". Avec au minimum de trois doses désormais, voire une quatrième dose "booster" cinq mois après la précédente. Le schéma initial avec deux doses plus anciennes est lui jugé peu efficace contre Omicron. "En rappel, les vaccins restent efficaces contre les formes sévères de la maladie, même avec Omicron" nuancent-ils.
En l'état actuel des choses, avec Omicron, "100% des décès surviennent chez des personnes infectées âgées de plus de 50 ans" a justifié le groupe. "Pour réduire le risque de surcharge des hôpitaux, il importe donc d'atteindre une couverture vaccinale suffisamment élevée chez les personnes de plus de 50 ans." Or, quelque 30.000 personnes de cette classe d'âge n'ont jamais reçu d'injection d'un vaccin contre le coronavirus. "Ce sont ces personnes qui pourraient se retrouver en soins intensifs."

Les travaux de ce quintet ont toutefois été menés dans des conditions sanitaires très différentes de celles du début de l'année. Le variant Omicron a remplacé le variant Delta et est devenu majoritaire. Très contagieux mais moins virulent, il "rend moins malade". Mais en gardant en tête "le scénario du pire", rien ne dit qu'Omicron conservera ses caractéristiques en fin d'année. La preuve, il a déjà muté. C'est désormais Omicron BA.5 qui circule le plus au Grand-Duché.
Face à cette incertitude et le risque d'apparition d'un variant toujours très contagieux et plus graves, les experts ont conservé leur but: éviter une surcharge du système de santé. Notamment cet automne, saison lors de laquelle une nouvelle vague d'infections est attendue. "Quand aura-t-elle lieu? Avec quel variant?" ont interrogé à haute voix les cinq experts. "La vaccination volontaire plafonne depuis des mois et reste inadéquate face à une vague sévère. Une fois la vague arrivée, il sera trop tard" écrivent-ils.
En revanche, leur nouveau rapport écarte finalement la vaccination obligatoire dans le monde médical, pourtant retenue il y a quelques mois.
En dépit d'une couverture vaccinale jugée "excessivement faible" dans le secteur des soins, et compte tenu de l'épidémie et des vaccins actuellement disponibles, ils estiment que rendre l'obligation vaccinale n'y limiterait pas forcément les infections.
Les cinq experts proposent plutôt une série d'autres mesures plus ou moins contraignantes pour le monde médical. Dont l'obligation de révéler son statut vaccinal (en interne) afin d'adapter les plans de travail. Ou signer un document certifiant que l'employé a été informé de la situation et des effets de son choix vaccinal. Les cinq jugent "inacceptable que le droit au secret médical d'une minorité du personnel du secteur soit placé au-dessus du droit à l'intégrité physique des personnes vulnérables qui leur sont confiées".
Ils suggèrent encore au gouvernement de légiférer sur le statut vaccinal dans le secteur des soins. Chose aujourd'hui inexistante au Luxembourg.
La vaccination "est la seule mesure durable" mais aussi pilotable, font-ils savoir. Cette mesure préventive laisse moins de zones d'ombres que les traitements existants, qui doivent être administrés "très tôt" après l'infection.
C'est désormais au gouvernement de prendre ces nombreuses données en compte. "Nous donnons l'ensemble des facteurs au gouvernement en faveur ou contre cette vaccination obligatoire", rappelle le Pr et Dr Claude Muller. "En tant que scientifiques, nous regardons les facteurs qui vont dans un sens ou un autre. Mais c'est au gouvernement de prendre la décision finale et d'en assumer les conséquences."
La réflexion sera enclenchée vendredi en Conseil des ministres. En revanche, les députés ont repoussé le débat initialement prévu l'après-midi afin de pouvoir mieux le préparer.