
C'est la raison pour laquelle les marges bénéficiaires seraient en recul. Les entreprises manqueraient d'argent pour investir. Certaines devraient peut-être même réduire leurs activités. La vice-présidente de la Fédération des artisans (FDA), Alexa Ballmann, a fait le calcul. Elle prend l'exemple d'une entreprise dans laquelle 10 employés perçoivent le salaire minimum qualifié. L'augmentation de 3,10% du salaire minimum en janvier, trois index en mars, avril et à la fin de l'année: au niveau des coûts salariaux, cela fait une hausse de 27.400 euros pour 2023.
"Pour une petite entreprise, qui réalise un bénéfice de 40.000 à 45.000 euros, les bonnes années, cela signifie que cela représente plus de la moitié de son bénéfice. Celle-ci peut évidemment moins investir. Elle ne peut plus réinvestir dans son entreprise. C'est pourtant quelque-chose de très important. C'est ainsi qu'on stoppe la croissance des entreprises. Dans les pires cas, des entreprises doivent réduire leurs activités. Si vous faites le calcul, que vous devez pouvoir faire rentrer quatre fois votre salaire, pour encore obtenir un bénéfice, pour l'année prochaine, c'est une majoration de 145.000 euros de votre chiffre d'affaires que vous devez obtenir.''
Et quel sera l'impact de l'annonce faite lors de la dernière tripartite, que, pour les entreprises, le gouvernement compensera intégralement trois mois d'index via la mutualité des employeurs?
"Là, j'arrive à 2.082 euros pour une hausse, comme je l'ai dit plus haut, de 27.400 euros. C'est un très beau geste. Mais pour les entreprises, c'est une goutte d'eau dans l'océan."
Pour en revenir à notre exemple, à savoir une entreprise avec 10 salariés qui touchent le salaire minimum qualifié. Par rapport à fin 2022, la masse salariale seule augmentera de 37.000 euros en 2024 et c'est sans compter le loyer, les coûts énergétiques ou ceux des produits qui ont aussi augmenté.

"Un puits sans fond", selon la vice-présidente de la Fédération des artisans. Une esthéticienne, par exemple, ne pourrait pas répercuter intégralement ces coûts sur ses clients.
"De combien devrais-je augmenter mes prix? Je devrais les augmenter de quasiment 20% pour être à niveau. Il faut augmenter les prix. Il est certain qu'il n'y aura pas d'éclaircie. Il est certain que le client doit compter sur une hausse des prix. Et que ceci en est l'explication. Comment cela? Parce que l'entreprise ne peut simplement plus s'en sortir. Mais d'un autre côté, nous ne pouvons pas augmenter autant les prix, car c'est simplement intolérable. Et alors le client viendra aussi moins souvent."
Le reportage de RTL en luxembourgeois: