Alphabétisation en françaisLes enseignants veulent être davantage impliqués dans le processus et plus de moyens

Pit Everling
Lors de la rentrée scolaire, Claude Meisch a annoncé qu'une généralisation de l'alphabétisation en français est envisagée à partir de 2026.

Il pourrait s'agir du "projet-phare" du ministre de l'Education libéral pour cette législature. Une réunion d'information a eu lieu mardi au campus "Geesseknäppchen" à Luxembourg-Ville, à laquelle ont participé les présidents des écoles fondamentales, les coordinateurs de cycles et d'autres acteurs de terrain. Même après cette réunion, des interrogations subsistent toutefois pour le syndicat d'enseignants SNE.

Tout cela sera réalisé en fonction d'une évaluation des quatre projets pilotes actuels. Le ministère de l'Éducation a informé mardi le personnel des écoles fondamentales sur qui seront les acteurs qui interviendront dans cette évaluation.

"Là, il nous a été expliqué que l'évaluation porterait sur cinq points ou cinq facteurs. Le premier, c'est le SCRIPT, là où l'avis des enseignants compte pour une petite part, il y a aussi l'avis du Conseil scientifique, qui est aussi représenté en partie au SCRIPT, ensuite la Commission européenne, l'Université du Luxembourg, qui est aussi représentée d'une certaine manière au Conseil scientifique et surtout les épreuves standardisées", détaille Patrick Remakel, président du SNE, le Syndicat national des enseignants.

Le syndicaliste se dit surpris du faible rôle qui reviendrait ainsi à l'enseignant.
 
"Si nous regardons, sur les cinq éléments, il n'y a pas un seul élément totalement pour les enseignants, les enseignants se retrouvent uniquement dans l'élément Script."
 
Le syndicat espère en tout cas que les enseignants ne seront pas réduits à la portion congrue dans l'ensemble du processus, afin d'éviter des questions critiques et pratiques. Après tout, ce sont les enseignants qui mettront en œuvre l'alphabétisation en français et non des théoriciens. Le ministère a expliqué aux représentants des écoles fondamentales l'impact que la mesure pourrait avoir sur les horaires, avec l'exemple du projet-pilote ALPHA. D'autres questions pratiques importantes sont toutefois restées sans réponse, par exemple à propos des locaux et du personnel.
 
"Comment ferons nous cela sans locaux supplémentaires? Nous en sommes déjà actuellement au point où les écoles n'ont pas suffisamment de locaux pour les cours normaux. Il faudra à présent y ajouter l'alphabétisation. (...) Nous aurons besoin de plus d'enseignants. Car si nous prenons un groupe qui est alphabétisé en allemand et un autre en français, nous avons besoin d'au moins deux enseignants, nous aurons donc besoin de davantage d'enseignants."

Malheureusement, aucune de ces questions n'a été prévue lors de la réunion d'information, selon Patrick Remakel. Au niveau du calendrier, l’alphabétisation en français doit débuter au cycle 1.2, soit en deuxième année de maternelle, à la rentrée scolaire 2026/2027.

"Si l'alphabétisation passe par tous les cycles, nous aurons en fait en 2032, 2033, toute l'alphabétisation en français jusqu'au cycle 4.2."

Le Syndicat national des enseignants n'est pas opposé par principe au projet du gouvernement, mais il est important d'impliquer les enseignants dans le processus. Par ailleurs, des solutions aux problèmes pratiques devront également être trouvées à temps.

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