
"C'est abject" de se faire vacciner avant ceux qui en ont besoin, avait déclaré mercredi matin sur RTL Radio le député des Piraten Sven Clement dénonçant ainsi les agissements des trois membres de la présidence des Hôpitaux Robert Schuman. Plus tard, d'autres élus n'ont pas manqué de commenter l'affaire à la Chambre.
Marc Baum, député du parti de gauche "déi Lénk", considère que les trois membres du conseil d'administration des Hôpitaux Robert Schuman devraient démissionner. Interviewées par RTL, les présidentes des groupes parlementaires des Verts et du CSV ne vont pas si loin. Elles estiment ne pas en savoir assez sur ce cas. Il faudrait en tout cas veiller au respect de l'ordre des vaccinations.
On peut évidemment avoir des avis différents à propos de la stratégie de vaccination et plaider pour que des ménages entiers soient vaccinés en même temps, par exemple, dit la députée Josée Lorsché, présidente du groupe parlementaire des Verts. Mais il est évident que dans la stratégie de vaccination du gouvernement, le personnel de santé avait la priorité et que les membres du conseil d'administration n'en font pas partie.
"Comment on en est arrivé là, je ne peux pas en juger dans l'immédiat, parce que je ne suis pas chargée au ministère d'envoyer un courrier à un hôpital. En tant que députée, mon rôle est autre, je ne sais pas non plus comment était la communication entre le ministère de la Santé et l'hôpital ou les hôpitaux. A partir de là, je pense qu'il faut encore fournir un travail d'éclaircissement, qui mènera ensuite peut-être à faire la lumière sur la manière dont cela s'est passé."
Il n'est en aucun cas correct qu'une personne profite de sa position pour obtenir des avantages, déclare la présidente du groupe parlementaire CSV, Martine Hansen, à propos de cette affaire. Elle ignore si la communication du ministère de la Santé vis-à-vis des hôpitaux était suffisamment claire à ce moment-là et si les trois concernés n'ont pas resquillé volontairement. C'est pourquoi elle ne peut pas dire non plus s'il est approprié que les trois démissionnent ou s'excusent. Ils doivent le décider eux-mêmes. En revanche, si la communication était claire et si l'ordre de vaccination n'a pas été respecté intentionnellement, c'est-à-dire s'il y a eu abus, il faudra en tirer les conséquences.
"S'il est irréfutable que tout est fait pour éviter les abus, si c'est clairement défini et que la communication est claire, si des abus surviennent malgré tout, cela devra avoir des conséquences. Il peut s'agir d'un procès-verbal, mais nous le savons très bien, un avertissement taxé de 50 euros, ça ne fait pas de mal à certains. Et là, je pense que les conséquences devraient être un peu plus tangibles pour vraiment empêcher cela."
Pour le député de la Gauche, Marc Baum, la question se pose aussi maintenant de savoir si des sanctions doivent être introduites. Jusqu'à présent de tels abus n'avaient pas été envisagés. Quoi qu'il en soit, la démission de la présidence du conseil d'administration des HRS s'impose, selon Marc Baum.
"Le problème est évidemment que les Hôpitaux Robert Schuman sont gérés par le droit privé. Ce qui signifie que nous ne pouvons pas les forcer, mais il faut quand même dire que ce comportement est absolument inacceptable de la part des trois membres du conseil d'administration, qui sont clairement sortis des directives établies par la Santé pour avoir tenté d'obtenir des privilèges. Et quand je pense que l'un des trois a été un ministre CSV, tout cela a un arrière-goût très très amère."
Interrogé par RTL, le député ADR Fernand Kartheiser a déclaré qu'il n'était pas possible d'écrire des lois pour toutes les éventualités. Ici, selon lui, c'est plutôt une question idéologique qui se pose. Ce que les trois membres du conseil d'administration des HRS ont fait, est moralement inacceptable, d'après Fernand Kartheiser.
Michel Wurth, l'un des deux vice-présidents des Hôpitaux Robert Schuman, interrogé par RTL, n'a pas souhaité commenter l'affaire. Claude Seywert et Jean-Louis Schiltz, également contactés, n'ont pas encore réagi.