
Le secrétaire général de l’Horesca tire la sonnette d’alarme: “nous devons trouver des solutions afin d’attirer du personnel, et les procédures administratives devraient absolument être simplifiées”, demande François Koepp qui précise que les marges de l’horeca “ont fondu, de 8 à 12%, on se retrouve actuellement plutôt dans du 3 à 5%”.
Il confirme que “le chiffre d’affaires augmente, mais les dépenses augmentent également de manière disproportionnée. Quand on compare 2019 avec 2023, ma marge est carrément dans le négatif, c’est ça qui importe. Le plus important n’est pas de faire des rentrées d’argent à n’importe quel prix, mais aussi de pouvoir en garder un peu à la fin de l’année”.
Pour François Koepp, la fréquentation est revenue à la normale, c’est-à-dire à une situation de pré-pandémie. Mais les coûts liés aux salaires, aux aliments ainsi qu’à l’énergie ont explosé.
Selon lui, les clients dépensent les mêmes sommes au restaurant, mais comme les prix ont augmenté, ils consomment moins. Malgré cette augmentation, les réservations pour la Saint-Sylvestre ont rencontré un franc succès puisque la plupart des établissements étaient déjà complets à la mi-novembre, un record !
Pour le restaurateur Jean-Michel Zang, les réservations sont effectivement satisfaisantes, mais il est encore difficile de trouver assez de personnel: “C’est vrai que la main-d’œuvre, déjà précédemment, c’était difficile, mais avec le Covid, ça s’est accéléré et on a beaucoup de mal à recruter, que ce soit en cuisine, en salle, nous verrons les années qui suivent, mais pour l’instant, c’est très difficile de trouver des gens qualifiés”.
Après la pandémie, de nombreux collaborateurs n’étaient plus motivés à travailler dans le secteur et ont donc choisi des domaines moins contraignants, sans oublier les longs trajets, les bouchons et les coûts du logement au Luxembourg. D’autres métiers ont également gagné en attractivité grâce au télétravail, une solution impossible pour l’horeca.
Pour François Koepp, des solutions existent: “il faut peut-être inventer des nouveaux horaires, quatre jours de 10 heures au lieu de cinq jours de travail. Il faut que l’on puisse à nouveau donner l’envie à des gens motivés de travailler avec nous. Penser aux carrières aussi, surtout dans les grandes structures afin de fidéliser le personnel et éviter un nouvel exode de talents”.