Conséquence de la criseLes banques découvrent le télétravail

RTL Infos
Si quelqu'un parcourt les rues de la capitale en ce moment, il remarque d'abord tous ces grands immeubles pratiquement vides.

Beaucoup sont des banques et 80 à 90% de leurs employés sont désormais passés au télétravail. Ce qui semblait impossible depuis des années, est soudain devenu réalité.

Le premier gros obstacle qui empêchait jusqu'à présent le télétravail, était les contraintes fiscales pour ceux qui travaillent au Luxembourg, mais habitent à l'étranger. Ce n'est pas seulement vrai pour les banques, mais une bonne partie de leurs collaborateurs viennent effectivement travailler chaque jour au Luxembourg depuis les régions frontalières. Après des années de négociations, le problème a été résolu en quelques jours pour cause de crise sanitaire.

Autre frein aux efforts pour introduire le télétravail: le régulateur des banques. La CSSF est pourtant d'un autre avis: Claude Wamach, CSSF: „Nous ne nous immisçons pas dans la manière dont les entreprises font leurs transactions. Nous veillons à ce que ces transactions se passent dans un cadre juridique qui existe. Et ce cadre juridique, nous voyons qu'il s'accommode en grande partie du télétravail."

En tout cas, cette crise a permis de trouver des solutions pragmatiques pour permettre le télétravail.

Frédéric Kieffer, ING: „Il y a du télétravail depuis des années chez nous, mais avec un moins grand accès qu'aujourd'hui. Nous nous sommes concertés sur tous les points avec la CSSF, mais c'était une véritable volonté - aussi de la part du régulateur - pour envoyer à la maison autant de monde que possible, de sorte que nous avons pu faire ainsi l'accès élargi pour cette période."

D'autres banques ont découvert le télétravail avec cette crise. Et c'est une bonne expérience pour la majorité d'entre elles.

Yves Baguet, BIL:„Cela se passe plutôt bien. C'est à dire qu'il n'y a aucun impact négatif majeur soit sur la productivité de nos employés, soit sur la continuité de nos services informatiques, soit sur la continuité de nos services commerciaux à nos clients."

On ignore si cette option sera maintenue après la crise. Il y a aussi des voix plus sceptiques.

Guy Hoffmann, ABBL: „Nos retours d'expérience sont relativement bons maintenant. Mais le régime de travail est impacté par le volume de travail qu'il y a à gérer, et cela n'a pas encore été évalué."

Laurent Mertz, ALEBA:„Je sais également qu'il y a encore souvent une réticence du management pour le télétravail parce que le télétravail serait une sorte de vacances organisées. Ce qui n'est évidemment pas le cas."

Il semble cependant que l'option télétravail aient rencontré les faveurs de plusieurs banques. Rien que le fait d'éviter d'être chaque jour bloqué dans des embouteillages, contribuerait au bien-être des salariés.

Yves Baguet, BIL: „Aussi tout l'aspect de l'empreinte écologique, tout l'aspect de l'empreinte „Real Estate", où cela permettrait d'ouvrir des options assez intéressantes."

Pour les banques, le télétravail implique évidemment un investissement énorme en matière de sécurité. Mais ce ne serait plus un problème avec les moyens techniques actuels, selon plusieurs représentants du secteur.

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